Estime de soi : le Graal ?

Voici la synthèse d’un article rédigé par Marie-Madeleine Sève, spécialiste des questions économiques et sociales dans différents media, dont les Echos : complet et audacieux, cet article permet de visualiser – et donc de formaliser – nos propres objectifs !

Je n’y arriverai jamais », « Je ne suis pas à la hauteur », « J’ai peur… » Si notre 
esprit génère ce genre de doutes, il peut aussi les éliminer. Mode d’emploi.

Soyons lucides, je ne suis pas au niveau. Et je me suis mis toute l’équipe à dos.» Julie, brillante polytechnicienne de 35 ans, se souvient à quel point elle s’était fustigée après une présentation ratée devant un big boss. Alors cadre supérieure dans une grosse banque, elle vivait ce que les psys appellent le «syndrome de l’imposteur», persuadée d’usurper la place de quelqu’un d’autre, qui aurait été plus compétent qu’elle. A l’inverse, sa sœur Marie, artiste peintre, s’épanouissait dans son atelier, sûre d’elle et de son avenir. Bien que les deux jeunes femmes aient reçu la même éducation, l’une était en proie au doute permanent, tandis que l’autre avançait avec confiance. Comment expliquer une telle différence ?

Selon l’Institut de médecine environnementale (IME), la clé de nos comportements réside dans l’estime de soi, laquelle est fondée sur trois piliers.

  • Le tempérament, constitué des motivations et des préférences profondes, se forge de 0 à 6 mois : c’est le socle de la personnalité.
  • La confiance en soi dite spontanée s’affirme à l’âge de 3 ans, lorsque l’enfant se met à dire «non», et se renforce à la puberté.
  • Enfin, le caractère se construit à chaque étape du développement et des expériences vécues par l’individu. Or il suffit d’un manque, d’une défaillance lors de notre développement pour que l’estime de soi soit fragilisée. Adulte, des situations précises – devoir s’adresser à une figure d’autorité comme un PDG, prendre du galon, négocier un gros contrat… – peuvent faire ressurgir cette vulnérabilité. Mais l’estime de soi n’est pas comme la couleur de vos yeux : vous pouvez la faire évoluer.

Voici Cinq pistes à suivre pour y parvenir.

  1. Prenez appui sur vos dispositions naturelles

«J’avais envie d’être laborantine. Mais en fac de biologie, j’ai déprimé. Et le jour où j’ai dû disséquer une grenouille, j’ai décampé.» Céline Chaubard, manager à Companeo (conseil aux PME), a alors bifurqué vers une tout autre filière, la vente, où elle poursuit une belle carrière. «Aujourd’hui, raconte-t-elle, je suis responsable d’une équipe de télévendeurs. Cela aurait été une erreur de m’obstiner dans la recherche alors que j’ai la fibre relationnelle et le goût du challenge.»

En effet, «Quand on va vers ses prédispositions naturelles, on risque peu d’échouer», confirme Pascal Vancutsem, coach de dirigeants chez Coaching & Performance.

Pour identifier les vôtres, soyez attentif à vos émotions. Dans quel domaine avez-vous l’impression d’agir avec aisance et plaisir ? Si vous éprouvez un fort sentiment de sécurité intérieure, c’est que vous êtes en phase avec votre nature profonde. A contrario, suivre une voie qui n’est pas la sienne fragilise. C’est ce qui s’est produit pour Julie : en se conformant au schéma parental d’une carrière élitiste, elle a contrarié son goût pour l’expertise financière et altéré son estime d’elle-même. Et quand elle a accédé à une fonction de top management, la belle construction s’est fissurée. Alors qu’en suivant sa vocation artistique, sa sœur a puisé dans ses motivations profondes.

Appuyez-vous, vous aussi, sur vos talents et vos facilités naturels, quelles que soient les directives de votre fiche de poste. Vous aimez le contact ? Servez-vous-en pour créer du lien entre vos collaborateurs, par exemple. Vous êtes enclin à la discrétion mais aimez épauler ? Soyez présent en cas de difficulté.

  1. Evacuez les pensées néfastes et les croyances limitantes.

Dès que notre ego est touché, nous avons tendance à nous dévaloriser. Il faut faire taire cette petite voix intérieure qui nous juge sévèrement : «Je ne suis pas à la hauteur», «De toute façon, je n’y arriverai pas…» «Ces croyances limitantes nous paralysent, observe Nicolas Dugay, coach et directeur associé de CAA. Car même si elles sont fausses ou simplement exagérées, le cerveau les considère comme vraies. A la moindre situation de stress ou d’incertitude, il les réactivera automatiquement. Il faut les “déraciner” pour les remplacer par des pensées constructives.» Ne croyez pas qu’un simple «mais si, tu vas y arriver» suffira. Pour se persuader qu’on est à la hauteur de la situation, il faut recourir à des contre-exemples «antidotes».

Pour cela, dialoguez sous forme de questions-réponses avec quelqu’un qui vous connaît bien. Par exemple : «Je n’arrive pas à parler spontanément à mon chef de mes idées.» «As-tu déjà eu l’occasion de le faire ?» «Oui.» «Sur des sujets importants ?» «Oui.» «Pourquoi cela a-t-il fonctionné ?» «J’avais élaboré un plan d’action sur un projet.» «Qu’en a-t-il pensé ?» «Il m’a félicité»… C’est efficace pour se rassurer.

Autre parade possible, plus utilisée à l’étranger qu’en France : pratiquer la méthode Coué, par le biais d’affirmations positives. «Plus celles-ci seront courtes, spécifiques et formulées au présent, mieux elles neutraliseront vos croyances limitantes», expliquent Rosette Poletti et Barbara Dobbs, toutes deux professionnelles de santé, dans «L’Estime de soi» (Editions Jouvence).

Depuis sa prise de poste en tant que manager, Céline Chaubard a adopté une autre technique. Chaque soir, elle liste ce qu’elle a effectué de positif dans la journée et les résultats qu’elle compte obtenir le lendemain. «Imparable, dit-elle, pour garder un mental d’acier.»

  1. Donnez-vous le droit d’échouer pour ne plus craindre la chute

Une autre croyance se révèle particulièrement ravageuse : se dire qu’on n’a pas le droit de se louper. Elle sévit particulièrement chez les sportifs de haut niveau. «L’erreur est de faire dépendre son estime de soi d’une seule performance ou de ses performances dans un seul domaine, indique Juliette Tournand, coach de dirigeants et de grands navigateurs, auteure de “Secrets du mental” (InterEditions). Car au moindre accroc, tout s’effondre.» Face à cette menace, surtout si vous vous investissez trop dans votre boulot, elle préconise deux remèdes. «Tout d’abord, identifiez au moins trois grandes sources d’équilibre dans votre vie : votre situation familiale, vos relations amicales et un hobby où vous excellez, par exemple. Ainsi, si vous subissez un revers professionnel, les autres aspects vous aideront à préserver votre énergie, vos émotions positives et votre estime de vous.»

C’est ainsi que procède le navigateur-skippeur Jean Le Cam, qui dispute depuis des années le Vendée Globe. Avant et pendant l’épreuve, il garde toujours en tête l’enjeu de la course, mais il n’oublie jamais qu’il ne s’agit que d’un pan de son existence. Résultat, en cas de contre-performance en mer, il s’appuie sur ses deux autres «raisons d’être», sa famille et sa passion de la technologie, pour se remotiver. «La seconde technique est de concentrer ses efforts sur ce qu’on peut maîtriser, poursuit Juliette Tournand. Exemples : Boucler un dossier, bétonner un argumentaire, piloter tel projet… Inutile de dépenser son énergie à s’inquiéter pour des éléments hors de notre contrôle.»

  1. Affranchissez-vous du regard que les autres portent sur vous

«Tout le monde se fichait de moi, même mon banquier, raconte Guillaume Gibault, qui a créé Le Slip français en 2011. J’ai quand même réussi à lui emprunter 10.000 euros pour un projet qu’il estimait complètement ringard.» Ce patron de 27 ans (lire son témoignage page ci-contre) ne s’est pas laissé déstabiliser par les moqueries. Bien lui en a pris : surfant sur le très en vogue «made in France», sa PME sacrément culottée réalise déjà 300.000 euros de chiffre d’affaires. Pourtant, le regard des autres peut facilement ébranler une estime de soi vacillante. «On entre alors dans un cercle vicieux qui consiste à toujours chercher l’approbation de l’autre», observe le psychothérapeute Frédéric Fanget, auteur d’«Oser, thérapie de la confiance en soi» (Odile Jacob). Pour croire en soi, il faut d’abord se sentir libre.

Ne donnez pas aux autres le pouvoir de vous juger, permettez-leur seulement d’exprimer leur opinion. Et si le doute est exprimé par votre chef ? Minimisez-en autant que possible la portée, comme a appris à le faire Virginie David-Cosme, lorsqu’elle était formatrice chez Air France. «J’avais demandé à mes supérieurs si je pouvais passer du statut d’agent de maîtrise à celui de cadre. C’était légitime, mais ma N + 2 m’a rétorqué : “Je ne suis pas sûre de pouvoir vous faire confiance.” J’ai été tellement choquée que j’en ai développé une cervicalgie aiguë qui m’a forcée à prendre du recul vis-à-vis de mon travail.» Cette mise à distance lui a permis de puiser dans ses ressources : elle a finalement décroché une formation, puis un poste de cadre à la DRH.

  1. Visualisez-vous en train de triompher des obstacles

Et si vous deveniez le metteur en scène d’un film où tout se déroule parfaitement ? Vous avez le meilleur rôle, vous réussissez avec brio tout ce que vous entreprenez, vous vous sortez des situations les plus délicates. C’est ce que les coachs sportifs appellent la «visualisation» : vous suscitez une succession d’images mentales où vous atteignez vos objectifs. Jack Nicklaus, l’un des meilleurs golfeurs de tous les temps, avait ainsi l’habitude d’attribuer 10% de sa réussite à sa forme physique, 40% à sa technique et 50% à la visualisation mentale de ses coups (trajectoire, réception, rebond de la balle…). Si cette technique se révèle tellement efficace, c’est parce qu’elle leurre le cerveau. «Que l’individu visualise un geste ou qu’il l’exécute réellement, pour notre cortex, c’est pareil : les connexions neurologiques sont les mêmes», explique Nicolas Dugay.

Détendez-vous et laissez libre cours à votre imagination. «Visualisez une fin heureuse qui couronne un parcours sans faute accompagné d’un sentiment de satisfaction intense, suggère Edith Perreaut-Pierre, ancien médecin militaire et coach, auteure des “Techniques d’optimisation du potentiel” (InterEditions). Ensuite, reprenez le scénario depuis le début, en imaginant cette fois que vous franchissez un à un tous les obstacles rencontrés.» Ainsi, ce directeur informatique, déstabilisé à l’idée de présenter son projet en public, a d’abord visualisé la fin de sa conférence couronnée d’applaudissements. Ensuite, il a mentalement revécu l’expérience en se représentant en train de bredouiller, d’avoir des trous de mémoire, puis en se voyant retomber sur ses pieds. «On peut aussi rechercher dans son passé des réussites similaires à celle qu’on voudrait connaître», souligne la sophrologue Nathalie Bergeron-Duval.

L’intérêt de la visualisation ? Elle mobilise nos cinq sens. Luc a entendu les bravos, connu la satisfaction d’être écouté, éprouvé la peur de perdre le fil de ses pensées, senti sa gorge devenir sèche : des images qu’il a rectifiées en s’imaginant reprendre sa respiration, boire un verre d’eau, consulter ses notes… Il faut répéter ce processus au moins quinze à vingt fois pour ancrer en soi de nouveaux réflexes «pavloviens». L’idéal est même de repérer, au cours de cette session d’imagerie mentale, un stimulus qui vous aidera à trouver une énergie positive avant l’épreuve. Pour Zinedine Zidane, c’était, avant chaque match, d’enfiler systématiquement sa chaussette gauche avant la droite.

Marie-Madeleine Sève

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De John Wayne à Ulysse : réapprendre à décider.

Second volet de notre « série » sur le management après le « Guide de survie au bureau », voici le cran supérieur, prendre en mains son destin. Résumé (sommaire) de l’ouvrage d’Olivier Sibony, senior partner de McKinsey, où il codirige le pôle stratégie. Il a accompagné de nombreuses multinationales dans la définition et la mise en œuvre de leurs décisions stratégiques. Il enseigne la stratégie à HEC, et intervient régulièrement sur ces thèmes dans la presse économique française et internationale.

Comment nos entreprises peuvent-elles renouer avec la performance alors que la crise continue à déprimer l’économie et la société française ? En décidant  autrement.

Acquisitions calamiteuses, guerres de prix involontaires, stratégies qui tuent le malade qu’elles devraient sauver… Face à ces situations, le premier réflexe est toujours le même : trouver les coupables ! Pourtant, nos dirigeants ne sont évidemment pas incompétents. Mais ils sont comme nous tous, victimes de biais cognitifs, d’erreurs de jugement récurrentes et prévisibles.

Pour l’auteur, bien décider passe par la  force de l’équipe. Pour cela, les leaders doivent construire une solide architecture de décision, une méthode qui mobilise l’intelligence collective de leur équipe.

S’appuyant sur les travaux les plus récents en économie comportementale et sur son expérience des coulisses de la prise de décision, Olivier Sibony propose des solutions concrètes pour décider juste. Il ouvre une nouvelle voie pour bâtir des entreprises prospères, à rebours de l’individualisme trop souvent associé à la société d’aujourd’hui.

 

I. LE PLAN. (Squelette à enrichir ensuite de chair).

Introduction : « Pour grands que soient les rois, ils sont ce que nous sommes ;

                          Ils peuvent se tromper comme les autres hommes. »

Pierre Corneille, Le Cid

1°) Nos biais nous égarent, mais de manière prédictible ou prévisible, faisant de nous des êtres prévisiblement irrationnels. La première partie illustre 7 archétypes d’erreurs, chacun s’expliquant par une combinaison de biais.

2°) Nos biais sont incorrigibles, mais pas ingérables. Un biais est par définition un phénomène dont nous n’avons pas conscience. Nous ne pouvons donc pas décider nous-mêmes de le corriger. Mais, si nous sommes et resterons individuellement victimes de nos biais, nous pouvons voir et corriger ceux d’autrui, et réciproquement. Pour prendre de meilleures décisions, nous devons nous appuyer sur les autres, trouver des méthodes pour exploiter la force du collectif. La seconde partie de l’ouvrage démontre l’impact qu’une telle méthode peut avoir sur la qualité des décisions.

3°) Puisque bien décider exige de la méthode, les décisions les plus importantes, dites stratégiques, méritent d’être particulièrement soignées. L’art du leader consiste à bâtir la méthode, que l’on appelle architecture de la décision. Dans la troisième partie, nous abordons les piliers de cette architecture de la décision, ainsi que de nombreux outils pratiques, éléments ou briques utiles à la construction de ces piliers, pour apprendre ou réapprendre à décider.

Première partie : Sept pièges pour le décideur.

  1. Trop beau pour être vrai : Le piège du storytelling.
    1. Le biais de confirmation.
    2. Le fact checking n’est pas le story checking.
    3. Biais du champion, biais d’expérience. (auteur d’histoire, situations analogues)
  2. Steve Jobs, ce génie : Le piège des bonnes pratiques.
    1. L’erreur d’attribution.
    2. L’effet de halo.
    3. Les bonnes pratiques.
    4. Le biais du survivant.
  3. Croyez-en ma longue expérience : Le piège de l’intuition.
    1. L’intuition n’est que la reconnaissance d’une situation vécue et mémorisée.
    2. Nous pouvons nous y fier, mais seulement à certaines conditions : environnement régulier, feedback clair, apprentissage possible.
    3. L’exemple du recrutement : le DRH. Sur quoi fonder une intuition ?
    4. Distinguer la trame (stratégique) de la négociation, et le moment (intuitif) de conclure.
  4. Just do It : Le piège de l’excès de confiance.
    1. Blockbuster contre Netflix.
    2. Le biais rétrospectif : confirmation ex-post.
    3. Prévisions chiffrées et intervalles de confiance.
    4. Seuls au monde : comment nous sous-estimons nos concurrents.
    5. Le biais d’action : éviter la paralysie par l’analyse.
    6. Quand faut-il être optimiste ? Quand on agit sur des éléments maîtrisables.
  5. Je ne suis pas Robin des bois : Le piège de l’inertie des ressources.
    1. Polaroïd et la photo digitale : l’entreprise ne fait pas ce que décide le patron.
    2. Allocation des ressources et Budget Base Zéro. Agiles et inertes.
    3. Le biais d’ancrage.
    4. La dynamique de l’inertie : regards neufs et réallocations massives.
    5. Le biais du statu quo se cumule avec l’aversion à la perte.
  6. Soyez des entrepreneurs : Le piège de la perception des risques.
    1. Il existe plusieurs sortes de pertes, selon le point de vue.
    2. Chaque décision d’investissement doit se voir en portefeuille : swap-insurance.
  7. Le long terme, c’est dans longtemps : Le piège des horizons de temps.
    1. Le court-termisme des décideurs et des financiers.
    2. La myopie managériale.
    3. Nous sommes tous court-termistes.
  8. Les biais de groupe et d’intérêt : Déclencheurs de pièges.
    1. La pensée moutonnière.
    2. Le premier qui pose la question qui fâche. Piège du groupthink.
    3. Le biais d’intérêt. Un chirurgien qui opère, pas qui soigne.
    4. Un biais qui se combine avec le biais de confirmation, et s’adoube d’expertise.
    5. Une typologie de 4 à 99 biais : (selon l’auteur suisse Rolf Dobelli), sans compter les erreurs matérielles et les erreurs de raisonnement.
      1. les biais de confirmation, qui fondent l’hypothèse.
      2. Les biais d’action.
      3. Les biais d’inertie
      4. Les biais de groupe
      5. Les biais d’intérêt.

Comment s’en sortir ? Vouloir éliminer tous les biais qui obscurcissent ou dénaturent la décision serait une fausse bonne idée : autant conseiller à un zèbre d’abandonner ses rayures ! Les biais sont l’autre face de nos heuristiques, ces raccourcis intuitifs, qui sont un moyen puissant, rapide et efficace de prendre la plupart de nos décisions quotidiennes, en nous fondant sur notre expérience et notre instinct.

La force du collectif est l’antidote à notre impossibilité de nous « dé-biaiser » nous-mêmes : l’exemple du livre est celui de la résolution de la crise de Cuba. Du jeu d’options restreint proposé par les militaires, le collectif va proposer 4 scénarios gradués, dont celui qui sera finalement décisif, le blocus naval.

Deuxième partie : Décider comment décider.

  1. S’avouer vaincu pour mieux gagner la guerre : Pourquoi nous ne pouvons pas corriger nos propres biais.
  2. Quand l’échec n’est pas permis : Le collectif et la méthode.
  3. Une bonne décision est une décision bien prise : Paul le poulpe est-il un bon décideur ?

Définir l’architecture de la prochaine prise de décision, c’est un art. Si les critères parfaits étaient connus, leur pondération, les différents risques et autres variables intégrés, alors un robot comme AlphaGo ferait parfaitement l’affaire. mais il ne s’agit pas de jeu de Go !

En revanche, présenter la décision à prendre comme un chantier, avec un objectif, un calendrier, un méthode de collecte des éléments, définir le cadre des échanges contradictoires, tout en rappelant qu’in fine, celui qui décidera, c’est précisément Le Décideur, s’entourer sans se brider, de parapets, voilà qui constitue bien un art. Après la décision (l’arbitrage final), chacun reprend ses activités quotidiennes, que ses options aient retenues ou non. Cela doit se faire sans douleur.

Troisième partie : L’architecte de la décision.

  1. Dialogue : confronter les points de vue. Et pour cela, se souvenir que la confrontation n’est pas naturelle : au lieu de s’affronter sur des faits, ce sont des personnes en désaccord qui s’affrontent. Pour l’éviter, il faut une diversité des compétences et des origines, mais aussi des perspectives. Il faut ensuite se doter d’un environnement, d’un cérémonial, et enfin de Temps pour échanger, temps pour décider : la phase collecte des éléments ne préjuge en rien de la décision prise, qui n’appartiendra en fin de compte qu’à une seule personne.
  2. Décentrage : voir les faits sous un autre angle. Favoriser les poils à gratter, bousculer les perspectives ! La technique dite « Six amigos » consiste à constituer un comité directeur de personnes qui ne se connaissent pas, choisies presque au hasard parmi les différentes fonctions de l’entreprise et qui découvrent le projet en même temps que l’animateur. Ainsi, pas de décisions timorées, de « deals » entre participants, chacun joue sans autre enjeu que ses propres convictions, et ça marche !
  3. Dynamique : construire l’entreprise décisive. Pour être certain de prendre la bonne décision, il faut s’assurer d’avoir désamorcé les ambitions cachées, les conflits d’intérêts, soit en privilégiant les amis personnels, soit en créant au sein de l’entreprise un authentique espace d’expression des désaccords. Ainsi, on s’assure de lister l’ensemble des contre-arguments, des objections, et du même coup, de se faire une opinion sur leur réalisme.

Conclusion : Un monde de meilleures décisions ?

De John Wayne à Ulysse : Le vrai leader, le leader à l’ancienne, c’est John Wayne : il prend la mesure de la situation, il dit « voici ce qu’on va faire » et on le suit. Ce modèle ne tient plus ; aujourd’hui nous vivons dans un monde complexe, mobile, et qu’au lieu de donner l’heure une fois, il faudrait construire une horloge, ou encore une organisation qui restera capable de décider, même après la disparition de la vision de son créateur.

Le leader d’aujourd’hui, ce serait plutôt Ulysse : sachant qu’il va naviguer en eaux inconnues, il restreint sa propre liberté, se fait attacher au mât et bouche les oreilles de ses matelots avec de la cire, afin qu’ils ne soient pas séduits par le chant des sirènes. Confiance de l’équipage envers son leader, du leader envers son équipe, dont il accepte la contradiction. Ainsi, dans un contexte mouvant et tourmenté, l’équipage se donne les meilleures chances de regagner Ithaque.

L’Ours.

 

(Prochain volet : L’Ikigai. Notre raison d’exister, et d’être acteurs de notre propre vie).

 

 

Une formation de formateurs exemplaire.

A Cesson-Sévigné, ce vendredi, nous avons pu constater l’écart entre AEC, l’association Action Emploi Cesson, créée il y a plus de 20 ans, adossée à la Maison de l’Emploi locale, et BCN, encore occupée majoritairement par son développement.

Cela nous a confortés dans la partenariat élaboré avec AEC depuis quelques mois, et signé début 2017 : l’idée ne devait pas être si mauvaise, puisque des essaimages ont eu lieu depuis à Bruz, à Saint-Jacques de la Lande.

Une journée entièrement consacrée aux contenus, à l’échange, aux confrontations des expériences. Nos 4 animateurs Floriane, Marie-Ange, Alain et Michel ont donné le meilleur pendant des heures : expérience Web, pratique de l’argumentation « commerciale », analyse des offres et des réponses…

Le Président Alain Blais (signataire de la convention qui nous lie), nous a fait l’honneur de se joindre à nous pour le déjeuner et témoigner des nombreuses réussites de l’association AEC, aussi bien sur le taux de réussite des adhérents, et sur l’emploi des jeunes qui sortent du Service Civique.

En fin de compte, nous voici tous ensemble à la tête d’un capital de savoir et d’expérience, enrichi dans quelques jours d’un module en ligne ; à nous de nous en emparer et de renforcer nos adhérents dans leurs démarches vers l’emploi. Cette action était au coeur de notre Plan d’Action 2017.  Cela commence jeudi !

Signé : L’ours.

Formation Associative 2017.

Nous recevons ce matin l’information suivante :

Chaque année, la Ville de Dijon met en place un programme complet de formations gratuites à destination des responsables, salariés et bénévoles associatifs. Ce programme est élaboré en tenant compte des échanges quotidiens avec le milieu associatif et en fonction des besoins exprimés par les associations.

Les inscriptions s’effectuent de façon dématérialisée. Le formulaire d’inscription est disponible dès à présent sur le site extranet de la ville (que nous utilisons déjà pour toutes nos relations dématérialisées) :   www.mydijon.fr/association.

Nous attirons votre attention sur la nécessité de disposer d’un compte (ou profil) My Dijon afin d’accéder au formulaire d’inscription et vous invitons à effectuer cette démarche dès à présent, le nombre de places disponibles pour les sessions de formation étant limité.

Ces formations étant gratuites, nous vous remercions de bien vouloir prévenir le plus rapidement possible la Maison des Associations en cas de désistement, afin de pouvoir libérer une place pour une autre association.

N’hésitez pas à contacter les agents de la Maison des Associations pour toute question ou renseignement complémentaire. »

Commentaire du bureau de BCN :

Le détail du calendrier 2017 nous est parvenu dans la foulée : petite déception, le projet de  formation « Boîte à outils digitale et usage des réseaux sociaux »a été bien édulcoré. Dès que votre choix est fait, nous adresser vos souhaits via le portail de l’association !

Les formations 2017

Vous êtes attendus nombreux ! Par ailleurs, en 2016 les formations « rédaction du projet associatif » avaient toutes été annulées, et cela nous a conduits à mener des réflexions, sans pour autant effectuer la mise en forme nécessaire. Espérons que cette année cette lacune sera comblée !

A. Turuban