De John Wayne à Ulysse : réapprendre à décider.

Second volet de notre « série » sur le management après le « Guide de survie au bureau », voici le cran supérieur, prendre en mains son destin. Résumé (sommaire) de l’ouvrage d’Olivier Sibony, senior partner de McKinsey, où il codirige le pôle stratégie. Il a accompagné de nombreuses multinationales dans la définition et la mise en œuvre de leurs décisions stratégiques. Il enseigne la stratégie à HEC, et intervient régulièrement sur ces thèmes dans la presse économique française et internationale.

Comment nos entreprises peuvent-elles renouer avec la performance alors que la crise continue à déprimer l’économie et la société française ? En décidant  autrement.

Acquisitions calamiteuses, guerres de prix involontaires, stratégies qui tuent le malade qu’elles devraient sauver… Face à ces situations, le premier réflexe est toujours le même : trouver les coupables ! Pourtant, nos dirigeants ne sont évidemment pas incompétents. Mais ils sont comme nous tous, victimes de biais cognitifs, d’erreurs de jugement récurrentes et prévisibles.

Pour l’auteur, bien décider passe par la  force de l’équipe. Pour cela, les leaders doivent construire une solide architecture de décision, une méthode qui mobilise l’intelligence collective de leur équipe.

S’appuyant sur les travaux les plus récents en économie comportementale et sur son expérience des coulisses de la prise de décision, Olivier Sibony propose des solutions concrètes pour décider juste. Il ouvre une nouvelle voie pour bâtir des entreprises prospères, à rebours de l’individualisme trop souvent associé à la société d’aujourd’hui.

 

I. LE PLAN. (Squelette à enrichir ensuite de chair).

Introduction : « Pour grands que soient les rois, ils sont ce que nous sommes ;

                          Ils peuvent se tromper comme les autres hommes. »

Pierre Corneille, Le Cid

1°) Nos biais nous égarent, mais de manière prédictible ou prévisible, faisant de nous des êtres prévisiblement irrationnels. La première partie illustre 7 archétypes d’erreurs, chacun s’expliquant par une combinaison de biais.

2°) Nos biais sont incorrigibles, mais pas ingérables. Un biais est par définition un phénomène dont nous n’avons pas conscience. Nous ne pouvons donc pas décider nous-mêmes de le corriger. Mais, si nous sommes et resterons individuellement victimes de nos biais, nous pouvons voir et corriger ceux d’autrui, et réciproquement. Pour prendre de meilleures décisions, nous devons nous appuyer sur les autres, trouver des méthodes pour exploiter la force du collectif. La seconde partie de l’ouvrage démontre l’impact qu’une telle méthode peut avoir sur la qualité des décisions.

3°) Puisque bien décider exige de la méthode, les décisions les plus importantes, dites stratégiques, méritent d’être particulièrement soignées. L’art du leader consiste à bâtir la méthode, que l’on appelle architecture de la décision. Dans la troisième partie, nous abordons les piliers de cette architecture de la décision, ainsi que de nombreux outils pratiques, éléments ou briques utiles à la construction de ces piliers, pour apprendre ou réapprendre à décider.

Première partie : Sept pièges pour le décideur.

  1. Trop beau pour être vrai : Le piège du storytelling.
    1. Le biais de confirmation.
    2. Le fact checking n’est pas le story checking.
    3. Biais du champion, biais d’expérience. (auteur d’histoire, situations analogues)
  2. Steve Jobs, ce génie : Le piège des bonnes pratiques.
    1. L’erreur d’attribution.
    2. L’effet de halo.
    3. Les bonnes pratiques.
    4. Le biais du survivant.
  3. Croyez-en ma longue expérience : Le piège de l’intuition.
    1. L’intuition n’est que la reconnaissance d’une situation vécue et mémorisée.
    2. Nous pouvons nous y fier, mais seulement à certaines conditions : environnement régulier, feedback clair, apprentissage possible.
    3. L’exemple du recrutement : le DRH. Sur quoi fonder une intuition ?
    4. Distinguer la trame (stratégique) de la négociation, et le moment (intuitif) de conclure.
  4. Just do It : Le piège de l’excès de confiance.
    1. Blockbuster contre Netflix.
    2. Le biais rétrospectif : confirmation ex-post.
    3. Prévisions chiffrées et intervalles de confiance.
    4. Seuls au monde : comment nous sous-estimons nos concurrents.
    5. Le biais d’action : éviter la paralysie par l’analyse.
    6. Quand faut-il être optimiste ? Quand on agit sur des éléments maîtrisables.
  5. Je ne suis pas Robin des bois : Le piège de l’inertie des ressources.
    1. Polaroïd et la photo digitale : l’entreprise ne fait pas ce que décide le patron.
    2. Allocation des ressources et Budget Base Zéro. Agiles et inertes.
    3. Le biais d’ancrage.
    4. La dynamique de l’inertie : regards neufs et réallocations massives.
    5. Le biais du statu quo se cumule avec l’aversion à la perte.
  6. Soyez des entrepreneurs : Le piège de la perception des risques.
    1. Il existe plusieurs sortes de pertes, selon le point de vue.
    2. Chaque décision d’investissement doit se voir en portefeuille : swap-insurance.
  7. Le long terme, c’est dans longtemps : Le piège des horizons de temps.
    1. Le court-termisme des décideurs et des financiers.
    2. La myopie managériale.
    3. Nous sommes tous court-termistes.
  8. Les biais de groupe et d’intérêt : Déclencheurs de pièges.
    1. La pensée moutonnière.
    2. Le premier qui pose la question qui fâche. Piège du groupthink.
    3. Le biais d’intérêt. Un chirurgien qui opère, pas qui soigne.
    4. Un biais qui se combine avec le biais de confirmation, et s’adoube d’expertise.
    5. Une typologie de 4 à 99 biais : (selon l’auteur suisse Rolf Dobelli), sans compter les erreurs matérielles et les erreurs de raisonnement.
      1. les biais de confirmation, qui fondent l’hypothèse.
      2. Les biais d’action.
      3. Les biais d’inertie
      4. Les biais de groupe
      5. Les biais d’intérêt.

Comment s’en sortir ? Vouloir éliminer tous les biais qui obscurcissent ou dénaturent la décision serait une fausse bonne idée : autant conseiller à un zèbre d’abandonner ses rayures ! Les biais sont l’autre face de nos heuristiques, ces raccourcis intuitifs, qui sont un moyen puissant, rapide et efficace de prendre la plupart de nos décisions quotidiennes, en nous fondant sur notre expérience et notre instinct.

La force du collectif est l’antidote à notre impossibilité de nous « dé-biaiser » nous-mêmes : l’exemple du livre est celui de la résolution de la crise de Cuba. Du jeu d’options restreint proposé par les militaires, le collectif va proposer 4 scénarios gradués, dont celui qui sera finalement décisif, le blocus naval.

Deuxième partie : Décider comment décider.

  1. S’avouer vaincu pour mieux gagner la guerre : Pourquoi nous ne pouvons pas corriger nos propres biais.
  2. Quand l’échec n’est pas permis : Le collectif et la méthode.
  3. Une bonne décision est une décision bien prise : Paul le poulpe est-il un bon décideur ?

Définir l’architecture de la prochaine prise de décision, c’est un art. Si les critères parfaits étaient connus, leur pondération, les différents risques et autres variables intégrés, alors un robot comme AlphaGo ferait parfaitement l’affaire. mais il ne s’agit pas de jeu de Go !

En revanche, présenter la décision à prendre comme un chantier, avec un objectif, un calendrier, un méthode de collecte des éléments, définir le cadre des échanges contradictoires, tout en rappelant qu’in fine, celui qui décidera, c’est précisément Le Décideur, s’entourer sans se brider, de parapets, voilà qui constitue bien un art. Après la décision (l’arbitrage final), chacun reprend ses activités quotidiennes, que ses options aient retenues ou non. Cela doit se faire sans douleur.

Troisième partie : L’architecte de la décision.

  1. Dialogue : confronter les points de vue. Et pour cela, se souvenir que la confrontation n’est pas naturelle : au lieu de s’affronter sur des faits, ce sont des personnes en désaccord qui s’affrontent. Pour l’éviter, il faut une diversité des compétences et des origines, mais aussi des perspectives. Il faut ensuite se doter d’un environnement, d’un cérémonial, et enfin de Temps pour échanger, temps pour décider : la phase collecte des éléments ne préjuge en rien de la décision prise, qui n’appartiendra en fin de compte qu’à une seule personne.
  2. Décentrage : voir les faits sous un autre angle. Favoriser les poils à gratter, bousculer les perspectives ! La technique dite « Six amigos » consiste à constituer un comité directeur de personnes qui ne se connaissent pas, choisies presque au hasard parmi les différentes fonctions de l’entreprise et qui découvrent le projet en même temps que l’animateur. Ainsi, pas de décisions timorées, de « deals » entre participants, chacun joue sans autre enjeu que ses propres convictions, et ça marche !
  3. Dynamique : construire l’entreprise décisive. Pour être certain de prendre la bonne décision, il faut s’assurer d’avoir désamorcé les ambitions cachées, les conflits d’intérêts, soit en privilégiant les amis personnels, soit en créant au sein de l’entreprise un authentique espace d’expression des désaccords. Ainsi, on s’assure de lister l’ensemble des contre-arguments, des objections, et du même coup, de se faire une opinion sur leur réalisme.

Conclusion : Un monde de meilleures décisions ?

De John Wayne à Ulysse : Le vrai leader, le leader à l’ancienne, c’est John Wayne : il prend la mesure de la situation, il dit « voici ce qu’on va faire » et on le suit. Ce modèle ne tient plus ; aujourd’hui nous vivons dans un monde complexe, mobile, et qu’au lieu de donner l’heure une fois, il faudrait construire une horloge, ou encore une organisation qui restera capable de décider, même après la disparition de la vision de son créateur.

Le leader d’aujourd’hui, ce serait plutôt Ulysse : sachant qu’il va naviguer en eaux inconnues, il restreint sa propre liberté, se fait attacher au mât et bouche les oreilles de ses matelots avec de la cire, afin qu’ils ne soient pas séduits par le chant des sirènes. Confiance de l’équipage envers son leader, du leader envers son équipe, dont il accepte la contradiction. Ainsi, dans un contexte mouvant et tourmenté, l’équipage se donne les meilleures chances de regagner Ithaque.

L’Ours.

 

(Prochain volet : L’Ikigai. Notre raison d’exister, et d’être acteurs de notre propre vie).

 

 

Une formation de formateurs exemplaire.

A Cesson-Sévigné, ce vendredi, nous avons pu constater l’écart entre AEC, l’association Action Emploi Cesson, créée il y a plus de 20 ans, adossée à la Maison de l’Emploi locale, et BCN, encore occupée majoritairement par son développement.

Cela nous a confortés dans la partenariat élaboré avec AEC depuis quelques mois, et signé début 2017 : l’idée ne devait pas être si mauvaise, puisque des essaimages ont eu lieu depuis à Bruz, à Saint-Jacques de la Lande.

Une journée entièrement consacrée aux contenus, à l’échange, aux confrontations des expériences. Nos 4 animateurs Floriane, Marie-Ange, Alain et Michel ont donné le meilleur pendant des heures : expérience Web, pratique de l’argumentation « commerciale », analyse des offres et des réponses…

Le Président Alain Blais (signataire de la convention qui nous lie), nous a fait l’honneur de se joindre à nous pour le déjeuner et témoigner des nombreuses réussites de l’association AEC, aussi bien sur le taux de réussite des adhérents, et sur l’emploi des jeunes qui sortent du Service Civique.

En fin de compte, nous voici tous ensemble à la tête d’un capital de savoir et d’expérience, enrichi dans quelques jours d’un module en ligne ; à nous de nous en emparer et de renforcer nos adhérents dans leurs démarches vers l’emploi. Cette action était au coeur de notre Plan d’Action 2017.  Cela commence jeudi !

Signé : L’ours.

Formation Associative 2017.

Nous recevons ce matin l’information suivante :

Chaque année, la Ville de Dijon met en place un programme complet de formations gratuites à destination des responsables, salariés et bénévoles associatifs. Ce programme est élaboré en tenant compte des échanges quotidiens avec le milieu associatif et en fonction des besoins exprimés par les associations.

Les inscriptions s’effectuent de façon dématérialisée. Le formulaire d’inscription est disponible dès à présent sur le site extranet de la ville (que nous utilisons déjà pour toutes nos relations dématérialisées) :   www.mydijon.fr/association.

Nous attirons votre attention sur la nécessité de disposer d’un compte (ou profil) My Dijon afin d’accéder au formulaire d’inscription et vous invitons à effectuer cette démarche dès à présent, le nombre de places disponibles pour les sessions de formation étant limité.

Ces formations étant gratuites, nous vous remercions de bien vouloir prévenir le plus rapidement possible la Maison des Associations en cas de désistement, afin de pouvoir libérer une place pour une autre association.

N’hésitez pas à contacter les agents de la Maison des Associations pour toute question ou renseignement complémentaire. »

Commentaire du bureau de BCN :

Le détail du calendrier 2017 nous est parvenu dans la foulée : petite déception, le projet de  formation « Boîte à outils digitale et usage des réseaux sociaux »a été bien édulcoré. Dès que votre choix est fait, nous adresser vos souhaits via le portail de l’association !

Les formations 2017

Vous êtes attendus nombreux ! Par ailleurs, en 2016 les formations « rédaction du projet associatif » avaient toutes été annulées, et cela nous a conduits à mener des réflexions, sans pour autant effectuer la mise en forme nécessaire. Espérons que cette année cette lacune sera comblée !

A. Turuban