Guide de survie au bureau.

Nous lançons une série de Fiches de Lecture sur le thème du management : vous pouvez tous contribuer ! Après le présent « guide de survie au bureau », nous vous proposerons très bientôt un thème : « Réapprendre à décider » !  A suivre…

De Pierre Blanc-Sahnoun, chroniqueur économique au Figaro Entreprises, auteur des chroniques de la vie en entreprise. C’est aussi un coach des plus reconnus, cofondateur d’une association, la Compagnie des coaches, à la fois école de formation au coaching, et cabinet de consultant. Le propos du livre est de réintroduire la dimension humaine dans la compréhension de l’économie : « nous sommes le sel de l’économie, mais où est notre liberté ? Quel est le sens de tout cela ? »

 Le livre comporte 11 commandements : à l’occasion, il tord le cou à certaines idées reçues, mais la constante reste le respect de l’individu, (notamment de soi-même) et la nécessité de conserver du recul.

1°) Ton prince loyalement tu serviras : les grands patrons actuels sont des carnassiers. Il faut se garder de l’illusion que l’entreprise a des sentiments, du respect pour l’individu. Ces choses-là n’existent qu’entre personnes, jamais entre une firme et une personne.

Le principal problème qui se pose au manager, est la gestion de son supérieur hiérarchique direct. Le patron idéal n’existe pas, mais invariablement, le modèle qui s’en rapproche le plus est le mentor, c’est-à-dire celui qui :

  • Place la barre très haut.
  • Sait encourager et regonfler, ne s’approprie pas les mérites de ses poulains.
  • Sait donner l’exemple.
  • Sait décrypter les vrais enjeux, sans user de la langue de bois.
  • Sait donner des ailes à ses collaborateurs, et les laisser s’envoler.

Les bons tuyaux : flatter opportunément son patron, et s’il est incompétent, ne jamais lui faire perdre la face en public. L’ambition sans talent est une stratégie à courte vue. C’est la peur qui fait agir la plupart des acteurs de l’entreprise : quand on l’a compris, la politique de l’entreprise devient plus lisible.

2°) Tes armées à la victoire tu conduiras : un patron est seul et accro à des drogues dures : la crainte et l’adoration.

L’esprit d’équipe : garant du succès, s’il est soutenu par du teambuilding en particulier dans les petites équipes.

L’homme sans échec est celui qui n’a pas pris assez de risques : il faut laisser ses collaborateurs aller dans le mur.

Le désordre en réunion : gage de créativité.

La bataille de l’image de l’entreprise se gagne au contact (en 1ere ligne).

Distinguer le chapeau du pouvoir de celui qui le porte.

Arrêter de travailler pour commencer à manager : apprendre à chacun à réfléchir, à trouver des solutions. Manager = fédérer des talents, dont chacun dépasse le sien.

Transformer des gens qui s’occupent en gens qui se préoccupent.

3°) Ta puissance mentale consolideras : S’intéresser sincèrement à ses collaborateurs, être franc dans la critique comme dans le compliment. Le charisme, c’est donner envie.

Apprendre à écouter les signaux faibles : sortir de soi pour se connecter à son environnement.

Assumer les outrages du temps comme des cicatrices reçues au combat.

Avoir de la chance : saisir les opportunités, même en situation de crise.

La bonne décision : un choix assez bon pour être ensuite conforté par le travail, le talent, la ténacité.

Les valeurs du 3e millénaire : honnêteté, bon sens, intégrité et stabilité dans les alliances : conditions essentielles pour durer.

La motivation est le désir d’être bon, et reconnu comme tel, y compris par la rémunération : contre la démotivation, chercher un nouveau souffle à travers de nouveaux projets.

Dépasser ses échecs : s’excuser après une dispute. Etre inébranlable dans un monde qui change, c’est être rigide, et non faire preuve de caractère.

4°) Négociateur habile te montreras : y compris pour son augmentation, préparer des faits et arguments. Et si on prévoit la rupture, avoir préparé sa valise.

Mode opératoire d’un véritable entretien de progrès…des faits, une confrontation, une mise en valeur des points positifs, une évaluation franche des insuffisances. Quand c’est le nôtre, être professionnel, le préparer pour en faire un entretien d’évolution.

Refuser une mutation : l’entreprise y voit : résistance au changement, manque d’adaptabilité, mauvaise gestion des priorités, refus d’un challenge motivant, sentimentalisme excessif.

Les prévisions trimestrielles : une recherche obsessionnelle de la maîtrise du risque.

Comprendre ce qui nous empêche de dire non.

5°) Une image sans faille présenteras : éviter de faire sans cesse référence au passé. Ne pas attendre d’offre d’alliance spontanée, qui serait de l’opportunisme.

Etre simple et direct, ne pas mépriser les petites gens, rester réservé et modeste… jusqu’au jour que l’on a choisi.

Aller aux stages outdoor organisés par le patron, et se lâcher juste assez pour montrer que l’on sait faire la fête. En toute circonstance, ne pas boire plus d’une coupe.

Analyser les rituels de couloir, s’adapter à la règle commune.

Partir au bon moment.

Qu’est ce qui a fait tomber Bill Clinton ?

6°) Efficacement communiqueras : la communication est-elle une suite de recettes de cuisine ou l’expression d’une vision venue de l’intérieur ? Rester discret. User judicieusement du bon coup de gueule. Le silence est une arme tactique très puissante : permet d’être au courant de tout, et de paraître machiavélique et intelligent, concentré et attentif

Quand on fait une présentation, elle est puisée dans le concret, la vie de l’entreprise.

Ecrire en 2 temps : poser les mots et les concepts, puis passer à la mise en forme.

Tutoyer son patron ne fait pas de lui un copain.

Maîtriser l’art de la machine à café.

7°) Ton temps organiseras : les gens qui arrivent toujours en retard, sont ceux qui essaient d’être trop bien organisés : ils tentent d’optimiser chaque minute !

Garder conscience du temps, bouger, poser son crayon.

Intégrer des temps réalistes de trajet.

Savoir rentrer de congé : pas de RDV, avoir lu tous les mails.

La notion d’urgence dans l’entreprise n’est pas réelle : elle est l’effet de la peur, et entraîne l’ouverture de tous les parapluies.

8°) Les nouvelles technologies utiliseras :   du moins tant qu’elles ne nous empêcheront pas de penser !

Face à un vrai informaticien, rester un utilisateur sympa, agréable à dépanner.

Imposer des limites claires entre relation et « bourrage intellec-virtuel ». Se réapproprier le téléphone. Rester libre par rapport à son mobile et sa messagerie.

9°) Ta transition professionnelle réussiras :   décoder les signes avant-coureurs, auto-évaluer sa rentabilité à court terme.

Ne pas attendre que le vent tourne pour préparer ses arrières.

Consacrer la bonne énergie à rechercher un emploi : recharger ses batteries, serrer des mains, passer 20 à 30 heures par semaine à chercher vraiment.

Soigner la rubrique « Divers » du CV.

Rester ouvert, mobile et opportuniste.

Le recrutement = une affaire de feeling.

L’entreprise ne nous aime pas : elle est sans cesse dans le donnant-donnant.

10°) Ta vie personnelle préserveras :  En déléguant, en gérant mieux les priorités, en posant les limites.

L’entreprise et les bébés : qu’elle les tolère à défaut de les aimer.

Le matriciel : créer son réseau, nouer des alliances, et se procurer l’information.

Le divorce : rester discret et digne sur le sujet. La compassion se paie au prix fort.

Choisir sa vie plutôt que ses études. Mieux se connaître, ne pas abandonner ses rêves.

11°) Un coach adouberas :   Le coach n’est pas un psy. Il travaille sur l’avenir, et non sur le passé, avec pour objectif d’améliorer votre performance.

Impossible d’être à la fois manager et coach : faire grandir son équipe, aider chacun à atteindre ses objectifs, c’est du management. Aller plus loin dans la psychologie, c’est de l’intrusion.

Conclusion : Pour en finir avec le principe de Peter. A chaque moment de notre vie professionnelle, nous possédons un seuil d’incompétence provisoire, que nous pouvons dépasser par la formation, le développement personnel, l’initiative et … le courage.

Ceux qui le percutent sont donc ceux qui n’ont jamais cherché à faire bouger ce seuil, parce qu’ils ont cessé de se remettre en cause, de chercher à évoluer, face à un environnement en mutation perpétuelle.

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Pour des acteurs transverses : ce livre n’est qu’une boussole, qui nous apprend à devenir responsables de nos vies. Nous devons être conscients de l’interaction de nos choix avec ceux qui nous entourent, inscrits dans une trajectoire professionnelle, qui n’envahisse pas tout l’espace disponible. Le travail est un moyen, non une fin.

 

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