Notre matière première : l’Intelligence Collective.

Réunir les forces en entreprise pour plus de bien-être et de performance.

Organisée par la Chambre de Commerce et d’Industrie le 15 Octobre dernier, sous l’égide du Mouvement français pour la Qualité, la présentation de Sophie Morin est l’occasion pour nous de repenser différemment ce qui nous rassemble dans BCN : l’intelligence collective. Ce thème avait été abordé en Juillet 2016 dans une rubrique inattendue : : Risques psychosociaux

L’intelligence collective désigne les capacités cognitives d’une communauté résultant des interactions multiples entre ses membres. L’intelligence collective, c’est donc l’intelligence des équipes de travail.

Conditions de l’intelligence collective

L’intelligence collective dans une société humaine provient d’interactions complexes répondant à diverses conditions détaillées ci-après.

Une communauté d’intérêt

  • une libre appartenance : une adhésion fondée sur des buts communs et une confiance mutuelle entre les membres ;
  • une structure horizontale : des règles (tacites ou explicites) identiques pour tous les membres et une organisation dynamique. En effet, la répartition des rôles est fondée sur le volontariat et la complémentarité des compétences ;
  • une gestion collective : l’autonomie des membres ou chacun est responsable de sa propre action et des décisions stratégiques basées sur le vote ou sur le consensus.

Un espace collaboratif

  • des outils de coopération :
  • un réseau de communication permettant l’interaction entre tous les membres.
  • un processus d’apprentissage : un système de régulation, la constitution d’un corpus de connaissances communes et le partage de pratiques permettant l’émergence d’une conscience commune.

Les trois dimensions de l’intelligence collective

La dimension cognitive.

Elle permet en 3 étapes de comprendre le sens de l’action collective.

  • la compréhension collective : il s’agit alors d’une image orientée vers l’action qui s’élabore en fonction des informations détenues par les collectifs.
  • la réflexion collective : dans ce cas, les affinités entre les personnes sont essentielles à leur établissement. Ce sont des savoirs liés à la « pensée » ; des « savoirs actionnés »: ce sont des savoir-faire donc des savoirs qui s’acquièrent grâce à l’expérience vécue, à l’action du collectif de travail.
  • la décision collective. L’intelligence collective est liée à l’action de réfléchir et de collaborer. Peu importe que la décision soit celle d’une seule personne ou de plusieurs. La construction de la décision a mobilisé l’intelligence collective et les connaissances de chacun des membres de l’équipe.

La dimension relationnelle.

Elle permet de tisser des liens au sein de l’équipe. Elle est composée de plusieurs sous dimensions :

  • l’action collective. La collaboration est l’engagement mutuel des membres d’une équipe de travail dans un effort coordonné pour résoudre ensemble un problème.
  • l’autonomie doit être présente à deux niveaux : au niveau de l’équipe et des individus dans l’équipe. Une équipe peut avoir une grande marge de liberté pour mener la mission qui lui est donnée, mais les membres de l’équipe peuvent très bien n’avoir aucune liberté quant à leurs tâches au sein de l’équipe.
  • dans tout groupe, il y a des synergies et des antagonismes. Ces derniers ne peuvent pas être supprimés car l’existence du conflit est inhérente à la nature sociale.
  • le niveau de confiance et d’entente entre les membres de l’équipe doit également être pris en compte  : l’intelligence collective est un ensemble de facteurs permettant la collaboration entre les membres d’une équipe, basé sur le respect mutuel, l’intégrité, l’empathie et la fiabilité.

La troisième dimension, dite systémique,  englobe les deux précédentes :  l’individu est au centre d’un système et construit ses actions (contributions) en analysant les actions des autres (représentations) et les relie avec le système (subordinations). L’efficacité d’un groupe humain oblige à la gestion des projets individuels et des projets collectifs. La véritable efficacité d’une organisation dépend d’une bonne mise en perspective avec son environnement.

L’intelligence collective est une école de la communication, de la confrontation, elle combine donc l’écoute et le dire, mon point de vue et celui des autres.

L’intelligence individuelle conserve toute sa place. En amont, elle peut permettre une réflexion, une recherche qui enrichiront la production collective. En aval, elle permet de dépasser le bouillonnement de l’échange pour reprendre les choses calmement, les approfondir, les préciser, les critiquer, les structurer. « Tout seul on va plus vite. Ensemble, on va plus loin » disait le proverbe africain.

Par exemple, on a pu constater qu’un brainstorming [démarche d’intelligence collective] était beaucoup plus riche lorsque les participants avaient pu réfléchir individuellement [intelligence individuelle] en amont. L’approche, la réflexion individuelle permettent de prendre du recul, elles favorisent l’approfondissement. Certaines personnes sont plus à l’aise et plus fécondes dans le cadre d’une démarche individuelle.

De plus, l’intelligence collective peut être limitée par des effets de groupe (conformisme social, crainte, fermeture, absence de procédure, homogénéité idéologique), au point que l’individu seul peut parfaitement être plus intelligent que tout un groupe car, il peut conserver davantage sa pensée critique seul que sous l’influence du groupe.

L’intelligence collective fonctionne d’autant mieux que les personnes engagées dans l’échange :

  • ont des buts communs, une communauté d’intérêts ;
  • se font confiance ;
  • fonctionnent sur un principe de respect inconditionnel des personnes ;
  • s’engagent volontairement dans l’échange ;
  • sont capables de dépasser les différences de positionnement hiérarchique en donnant priorité au principe « d’égalité des intelligences » ;
  • intègrent des dissidents pour éviter les phénomènes de conformisme, d’endogamie de la pensée ;
  • si des décisions doivent être prises, elles ne le sont pas par rapport à un principe primaire de majorité ou de consensus, mais par rapport à des « critères pertinents » préalablement définis : coût, faisabilité, légalité, différentiel concurrentiel, etc. ;
  • une évaluation à postériori avec retour et partage d’expériences ;
  • une capitalisation et conservation des connaissances et des expériences.

A cette partie théorique, le travail réalisé par Sophie Morin ajoute une partie pragmatique, dont nous ne retiendrons aujourd’hui que quelques principes-clés :

La composition d’un groupe :

  • un membre à Q.I. élevé,
  • des membres à Q.E. élevé,
  • des femmes,
  • pas de personnes dominatrices, qui étouffent l’expression,

Enfin, et on l’oublie parfois, les meilleurs ateliers créatifs (brainstorming et brainwriting) produisent leurs meilleurs résultats par une alternance de pensées créatives et de phases de pensées rationnelles :

« Vos idées émises sont-elles originales, réalisables et rentables ? Lesquelles souhaitez-vous garder pour les présenter aux autres groupes ? »

Car n’oublions pas qu’en plus de l’idée de génie qui ne manquera pas de sortir de nos ateliers collectifs, la pépite qui sortira à coup sûr :

La cohésion du groupe :

  • une équipe soudée,
  • sensibilisée à ses objectifs,
  • adhérant davantage aux projets qui lui sont soumis,
  • où l’échange et le partage contribuent à l’enrichissement et la montée en compétence collective
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