Economie du bien commun

Par Jean Tirole, au Presses Universitaires de France.

 

On ne présente plus Jean Tirole, Prix Nobel d’économie 2014, et désormais aussi populaire qu’un autre économiste français, Thomas Piketty. Dans un ouvrage qui se veut « grand public », paru en Mai 2016, Jean Tirole nous fait partager sa passion pour une discipline qui croise la théorie et les faits au service du bien commun.

En pénétrant dans l’atelier du chercheur, on découvre un panorama des sujets qui préoccupent l’économiste : trois grandes  parties, la science économique, l’institution étatique et les enjeux industriels accueillent 17 chapitres qui s’adressent à chacun de nous dans notre quotidien, et évoquent ce qui résultera de nos choix passés et présents, pour la vie des générations futures.

Première partie : L’économie.

  • Aimez-vous l’économie ? Il existe 3 modes pour parler d’économie : le mode scientifique, le mode journalistique et le mode aéronautique. Réservé à une communauté d’experts, le premier utilise des concepts et des objets mathématiques. Il peut de ce fait s’avérer rebutant, voire abscons ; le second agrémente les magazines et s’alimente des piquets de grève, déménagements sauvages en cours, ou des dernières statistiques. Enfin, le dernier fournit les best-sellers des gares et des aéroports, parfois l’œuvre de charlatans ou de lobbys. Pas réjouissant. Mais que chacun s’accroche, et l’économie redeviendra notre bien commun. Jean Tirole nous dit : « Prenons-nous en main » !
  • Les limites morales du marché. Il est question ici d’éthique concrète dans l’économie : est-il moral de vendre son sang, ses organes ? Sommes-nous si friands de générosité, quand nous donnons, ou de l’image de généreux donateurs que nous proposons de nous-mêmes ? Que penser de la possibilité pour une compagnie d’assurance  de sélectionner les patients en fonction du risque? Pourquoi sommes-nous plus négligents avec des biens assurés ? Une analyse percutante d’un concept innovant : l’aléa moral.
  • L’économiste dans la cité. Intellectuel public, il est aussi chercheur, observateur empirique des évolutions : ses positions, aussi mesurées et équilibrées soient-elles, déchaînent les passions, et surtout en démocratie, brouillent le jeu en dénonçant des conflits d’intérêts, les politiques suspectes ou obsolètes, sous couvert de débat.
  • La recherche au quotidien. L’économie s’enrichit des apports des autres sciences, en particulier sociales : c’est ainsi que l’on découvre au fil des pages les apports de la théorie des jeux, les biais de l’asymétrie d’information, en particulier lorsqu’il est question de finance, de délit d’initié. En revanche, sur des sujets nouveaux ou complexes, comment poser la théorie « fondatrice », celle qui capturera le nœud du problème, au prix de quelques simplifications réductrices ? Tout le monde a entendu parler de la « main invisible » d’Adam Smith, concept qui pourtant a connu beaucoup d’améliorations depuis.
  • L’économie en mouvement. Cinq approches complémentaires sont apparues pour retoucher la théorie sur les comportements dits « rationnels » des agents dans le vocabulaire traditionnel de l’économie politique : homo psychologicus, socialis, incitatus, juridicus, darwinus. Nous sommes empathiques, réagissons plus aux fermetures des hauts-fourneaux de Florange ou Hagondange, qu’aux millions de chômeurs anonymes… qui probablement galèrent dans des conditions encore plus difficiles. L’impact de la confiance est illustré et décortiqué via le prisme de la théorie des jeux, et notre comportement devient alors prédictible dans un contexte où les règles ont été préalablement énoncées (ce qui est généralement le cas dans une démocratie : législation, interdiction, fiscalité).

Enfin, le système d’incitations, de bonus, de récompenses induit des comportements parfois contre-productifs, qu’il faut constamment analyser et surveiller, pour au besoin les arrêter ou les modifier. Enfin, Darwin a alimenté l’économie à partir d’exemples d’espèces animales : le paon, qui séduit sa dulcinée au prix de lourdes plumes nacrées qui l’encombrent, et ne lui servent à rien en-dehors des parades. Cet outillage en apparence contre-productif émaille de nombreux exemples de survie d’espèces, et inspire des attitudes destinées à impressionner ou dissuader concurrents et rivaux, dans les enchères par exemple, une sorte de poker-menteur.

Deuxième partie : les institutions et l’économie

  • Pour un état moderne. Corriger les imperfections du marché, introduire les conditions d’une complémentarité entre l’état et les acteurs de l’économie. Et si l’on peut laisser le marché produire de l’efficacité (productivité, émulation, concurrence), il ne lui revient pas de produire de l’équité, presque une fonction régalienne. Enfin, réfléchir au rôle d’un état moderne, passe par une ambition à long terme de désendettement, afin de dégager des marges de manœuvre qui lui donneront les moyens de sa politique d’incitation.
  • L’entreprise, sa gouvernance et la « RSE ». Comment gérer la direction, le financement, l’actionnariat et notamment l’excès de court-termisme, souvent reproché aux structures ambitieuses ? Quelles incitations à de nouvelles formes sociales : SCOOP, ESS ? Déployer des fiscalités vertes, soucieuses d’environnement durable, autant de facteurs de complexification  de l’économie politique.
  • Le défi climatique. Un regard acéré d’économiste sur les échecs des accords sur le climat, Kyoto, Lima, Copenhague, ainsi que les limites de la COP 21 : ces accords reposent sur « l’externalisation des internalités », dit autrement : je ne bénéficie pas directement de mes efforts pour être propre, ce sont mes voisins qui en bénéficient. Seule la volonté de donner l’exemple anime la Suède, déjà très en avance : l’UE est traversée par les débats sur les énergies fossiles, le nucléaire, le charbon. Les pays émergents reprochent aux pays avancés de ne pas supporter les coûts de la pollution qu’ils ont exportée dans les « ateliers » à faible coût de main d’œuvre. Exemple illustré par le retrait des U.S.A. pour des questions d’exportations d’énergie fossile, de gaz de schiste notamment. Nous pouvons en revanche accompagner l’application de l’accord de Paris, en développant les incitations adéquates aux innovations technologiques de conservation du carbone, d’amélioration du rendement des énergies renouvelables, et enfin être à l’affût du nécessaire saut technologique qui permettra de rester sous les 2° de réchauffement.
  • Vaincre le chômage. Commençons par quelques chiffres, affolants :  3,574 millions de chômeurs de Catégorie A, demandeurs d’emploi, sans emploi.                       Catégorie B : tenus de chercher un emploi, ayant travaillé moins de 78 heures. 716.400.                                                                                                                                              Catégorie C : tenus de chercher un emploi, ayant travaillé plus de 78 heures : 1,151 millions. Et enfin, les catégories D et E (formation et demandeurs non tenus de chercher un emploi), 700.000 personnes supplémentaires. Total : 6.142.000 personnes ont en France un « problème apparent » d’emploi.                                 Alors que l’on s’était résigné à parler de « 10% de la population active », on frôle les 10 % de la population totale. Quelques constats : pour les raisons d’empathie évoquées plus haut, nous sur-régulons la protection contre les licenciements (4,4 % seulement des fins de contrat). L’erreur que commettent beaucoup d’acteurs est de penser que de soutenir le contrat CDI est de « bonne politique » : dans un marché mobile, ou l’innovation et la formation s’étendent, il sera beaucoup plus difficile de retrouver un CDI de même aloi que celui d’aujourd’hui, si par malheur on le perd. Recréer rapidement le plein-emploi, y compris dans des conditions moins avantageuses, ressemble à du « dumping social », mais c’est la meilleure offre pour tous. En revanche, il faut protéger le salarié (l’homme, dans sa dignité et ses conditions de vie) et pas l’emploi, qui n’est que la traduction par l’employeur des besoins qu’il anticipe via son carnet de commandes. Une manière de dénoncer le climat délétère qui s’est installé dans les relations employeurs- salariés : la  France 129e classée sur 139 en matière de perception des relations au travail ! Parmi les nombreux points à traiter pour améliorer la situation :                                                     – 1°) médiocrité de la formation professionnelle gérée par les partenaires sociaux, qui ne vise pas les bonnes catégories de salariés, distribue peu de formations diplômantes ou certifiantes, et absorbe tout de même 1,6 % du PIB, soit 32 milliards d’euros. Qualifiée d’usine à gaz, induisant des gaspillages dans la collecte et le financement, la formation professionnelle voit son rendement mis en cause.                                                                                                                                              – 2°) L’apprentissage : en 2013, 5,2 % des 15 – 24 ans étaient en apprentissage en France, contre 16 % en Allemagne.                                                                                          – 3°) La gestion de l’assurance chômage et du service public de l’emploi, (le recrutement via Le Bon Coin sidère notre Prix Nobel) et notamment une indemnisation beaucoup plus généreuse pour les hauts salaires que celle qui se pratique chez nos voisins.                                                                                                         – 4°) un calcul biaisé : la réduction et le partage de la durée du travail, fondés sur l’a priori que le nombre d’emplois est fixe. La meilleure preuve du contraire en est apportée par les pays qui ont choisi d’accepter des migrants en quantité significative.                                                                                                                             -5°) Un code du travail de 3200 pages, défiant même pour des  spécialistes du droit et des RH le principe de : « nul n’est censé ignorer la Loi ». Au–delà de  cette question de taille, il est devenu impossible de mesurer les effets (pervers) de telle ou telle mesure, son efficacité et son coût, puisque l’on ne parvient même pas à discerner l’ensemble des atténuations, exceptions et dispenses qui s’y appliquent.

Pour conclure, 4 axes : réduire l’endettement pour retrouver de la compétitivité et des marges de manœuvre, les migrants et le réchauffement climatique : lutter contre la pénurie d’emplois est une clé, et qui plus est si nous échouons contre le réchauffement, car les migrants climatiques de demain viendront s’ajouter aux réfugiés politiques, demandeurs d’asile ou simples migrants économiques d’aujourd’hui. Enfin, une réflexion sur les impacts du digital devient indispensable, car au droit du salarié d’aujourd’hui, viendront se substituer de nouveaux besoins de droit des actifs (micro-entrepreneurs, autoentrepreneurs, etc.)

  • L’Europe à la croisée des chemins. Rappel utile : l’Europe a été – et est encore – pour certains un symbole d’espoir, d’intégration politique et de réduction massive des inégalités entre ses membres. L’euro lui-même a traduit une volonté largement partagée d’intégration des peuples européens. Alors, comment sommes-nous passés de l’espoir au désenchantement ? Des besoins de réconciliation aux dangers du début (accession à la démocratie en Espagne, au Portugal, dans toute la zone-tampon de l’URSS, y compris la réunification de l’Allemagne), les fondateurs ont appris en marchant. N’avons-nous nous-mêmes pas changé au cours de ces 30 ans, alors que nous adressions des colis via La Croix-Rouge aux grévistes de Gdansk et portions des badges de Solidarnösc ?  Que d’exemples de démocraties rétablies pacifiquement grâce à la puissance tutélaire et bienveillante de l’Union ?                     Certes, la crise financière des années 2007 – 2008, les manipulations et truquages de comptes de la Banque Goldman & Sachs, et enfin, l’attitude de la Grèce elle-même n’ont pas rassuré l’Union sur la solidarité de ses membres, ni sur la solidité de sa monnaie. Mais enfin, il semble que cet épisode soit derrière nous, et les failles du Traité de Maastricht apparaissent maintenant clairement : il est contra-cyclique, limitant les dépenses d’intervention des états, au moment où ceux-ci ont le plus besoin de soutenir leur économie. Ce n’est pas son seul défaut, car faute de volonté d’avancer vers plus de fédéralisme, il se révèle très prudent sur les politiques d’harmonisation, qu’elle soit économique ou fiscale. Si nous, européens, souhaitons vivre sous le même toit, il nous faut réhabiliter cet idéal et rester unis autour de lui.
  • A quoi sert la finance ? Les bulles financières, crises économiques à répétition, Plans de redressement tels que le New Deal, le Plan Marshal ont permis d’analyser les différents facteurs d’accumulation, les risques insensés pris par certains secteurs, certaines banques (pensant ainsi se faire renflouer par l’état) ont conduit à une série d’accords internationaux connus sous les noms de Bâle I – Bâle II – Bâle III, actuellement en vigueur. Le lien entre transparence des risques, et obligation de détention des capitaux propres des banques est analysé ici : la doctrine des Banques centrales, le niveau de l’inflation attendue et les politiques de quantitative easing sont examinées ici, sous l’angle de leur origine dans la crise de 2007. Les mesures de sauvetage imposées, ou les conséquences du non-renflouement de Lehman Brothers, sont extrêmement révélatrices.  Elles sont détaillées finement dans le chapître suivant.
  • La crise financière de 2008. Du fait d’un excès de liquidités qui cherchaient à se placer, moyennant de forts rendements, la prospérité des années 2000 a généré une forte attente financière de montages complexes, (la titrisation de placements immobiliers) : pour développer ces placements à hauts rendements, il fallait d’abord attirer des ménages à revenus modestes vers des emprunts immobiliers. La prospérité étant là, il était facile de faire rêver à l’accès à la propriété : les emprunts à taux progressif (subprimes) ont été l’arme fatale. Appâtés par des taux très bas, les ménages se sont trouvés dans l’incapacité de rembourser les échéances quand celles-ci ont augmenté. La politique suivie alors par les banques a été d’expulser de façon massive les ménages insolvables, d’où une forte chute de la valeur des biens immobiliers. Pour être complet, il faut mentionner le rôle des Agences de notation, qui du fait qu’elles tiraient de forts revenus de cette activité, avaient tout intérêt à encourager la confiance dans les placements titrisés. Sommes-nous sûrs aujourd’hui de pouvoir prédire, et même prévenir ce type de crises ? Il faut évidemment rester humble, mais du moins les accords de Bâle ont permis de garantir la détention par les banques de fonds propres suffisants, et apporté la connaissance des mécanismes générateurs de la crise, ainsi que les concepts des renflouements. On sait donc aujourd’hui identifier un terrain favorable, ainsi que des zones d’ombre qui restent à réguler, comme par exemples le shadow-banking, et les accords de gré à gré, invisibles du régulateur, et qui masquent le niveau d’engagement réel.

Troisième partie : l’enjeu industriel

  • Politique de concurrence et politique industrielle. Nous abordons ici les différentes étapes de construction de la doctrine : depuis la théorie des monopoles naturels jusqu’à l’ordonnance de démantèlement d’ATT, (1984) et la séparation entre réseaux d’infrastructure (en France RTE, RFF, France Télécom) et la normalisation de l’ouverture des accès. Comment assurer une véritable concurrence en imposant des normes aux accès : pas question par exemple de créer 2 gares TGV à Paris à Lyon, pour instaurer 2 offres de service ? Et d’ailleurs, comment ferait le 2e opérateur pour proposer des correspondances depuis « sa » » gare ? Le cas de RTE, le transporteur d’électricité est différent : déjà interconnectés, les réseaux européens n’ont eu qu’à décliner cette pratique envers leurs distributeurs. Mais l’électricité ne se stocke pas, et les coûts de production sont très différents selon le type de centrale utilisée. D’où un « pilotage » fin de la ressource, faisant appel à de la prévision de consommation, et une connaissance fine des clients opérateurs. Bref, du marketing de grossiste. Pour bien diriger l’économie d’un pays, il est nécessaire de définir une politique industrielle. Invités à Toulouse, Dani Rodrick et Joe Stiglitz, économistes américains bien connus ont énoncé 7 recommandations : a) identifier la raison du dysfonctionnement des marchés pour mieux y répondre. b) utiliser une expertise indépendante et qualifiée pour sélectionner les projets et les récipiendaires de fonds publics. c)être attentif à l’offre et pas seulement à la demande. d) adopter une politique industrielle qui ne fausse pas la concurrence entre entreprises. e)évaluer ex post les résultats de cette politique, et prévoir dans tous les cas des clauses d’arrêt. f) associer fortement le secteur privé à la prise de risque g) comprendre l’évolution de nos économies.
  • Quand le digital modifie la chaîne de valeur. Nous sommes passés de la rareté de l’offre, liée à la lenteur des transports, à la pléthore de l’offre, puisque le marché est désormais celui de l’attention : (l’espace-cerveau disponible, selon l’heureuse expression de Jean-Marie Messier). Sont ici détaillés les modes de fonctionnement des plateformes bifaces, les fameux GAFAM : Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft. Les choix d’ouverture ou de fermeture se sont croisés, Apple et Microsoft opposaient un accès propriétaire à un réseau ouvert. La tendance est plutôt à l’ouverture : Windows et Androïd plutôt que Ios. Autre analyse : la très forte concentration de ces entreprises, due aux rendements d’échelle de l’effet réseau, (je suis sur Facebook parce que des « milliards » de gens y sont, j’ai un GSM avec qui je souhaite virtuellement communiquer avec le monde entier).
  • Economie numérique : les défis sociétaux. L’accès massif à l’information permet de réduire l’aléa moral, car il de plus en plus difficile de dissimuler un comportement « non-citoyen ». Autre nouveauté : l’économie numérique privilégie l’innovation, et de ce point de vue, les USA se sont taillé la part du lion, grâce à une politique de recherche ciblée sur les nouvelles technologies. Il faut maintenant anticiper ce que deviendra le salariat, en fonction bien sûr des capacités accrues des machines à se substituer à l’homme pour les tâches répétitives, mais en plus du « machine learning », la capacité de l’ordinateur à apprendre de ses propres expériences. En 2016, un ordinateur a battu le champion du monde de Go, il avait fallu 60 ans pour parvenir à ce résultat aux échecs. Le numérique est une opportunité pour notre société, mais aussi une source de nouveaux dangers : confiance, propriété des données, diffusion du progrès technologique, solidarité, emploi, fiscalité sont autant de défis pour l’économie du bien commun.
  • Innovation et propriété industrielle. Il question ici de la politique de R&D, publique ou privée, mais aussi des enseignements à tirer de l’Open source, et des raisons du succès du modèle « libre ». Lorsque la navigation était payante sur le Rhin, s’étaient installés près de 40 points de péage ; du coup, le commerce demeurait réduit aux seules personnes allant au terminus. A travers une politique équilibrée de protections et de brevets, il s’agit de trouver un équilibre entre les droits de l’inventeur et le développement de l’économie.
  • La régulation sectorielle. Nous l’avons vu, les grands monopoles ont quasiment tous disparu, au profit d’entreprises du secteur, qui se sont maintenues ou développées grâce à leur savoir-faire. Qu’elles soient du domaine public ou non, ces entreprises doivent être responsabilisées sur leur performance, leur efficacité, leur innovation, et ceci quels que soient leurs marchés, (entreprises ou particuliers), mais aussi leurs contraintes de production. Bien entendu, l’entreprise connaît mieux que quiconque sa structure de coûts : les systèmes de price cap qui ont été développés présentent le risque de réduire la maintenance pour faire des économies, d’où un risque pour les usagers. Il faut donc que régulateur dispose d’une expertise solide, (d’où l’apparition d’organes de régulation indépendants dédiés) mais définisse des modes d’incitation « non intrusifs », qui laisse le choix des solutions à retenir pour respecter un contrat-cadre global Objectifs-Moyens. Cette régulation est encore perfectible, mais les progrès accomplis sont encourageants.

 

La Newsletter RH-Solutions.

Comme suite à l’intervention remarquée de Claude Prost et Philippe Le Bel à notre réunion plénière du Centre à Chenove, voici, pour ceux qui n’ont pas tout noté, la livraison de Juillet de la Newsletter de RH-Solutions.

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A tous ceux qui sont intéressés par une activité de formateur indépendant, vous y trouverez le Guide Complet dédié ; de quoi méditer cet été. Rendez-vous à la rentrée !

Les Secrétaires.

Editorial de Juillet : vents favorables.

Les amateurs de bande dessinée ont depuis longtemps oublié la signification de « Jolly Jumper » et de « Lucky Luke » : mais nos conjoncturistes pourraient bien rappeler qu’en économie aussi, il est possible d’avoir de la chance, comme le Lonesome cow-boy, à la veine légendaire. Déjà, on voit fleurir les qualificatifs de « Lucky Emmanuel », à propos du Président de la France… Voici que la Tribune apporte de l’eau à leur moulin dans son édito du jour, signé Jean-Christophe Chanut.

Recrutements de cadres : au plus haut

215.000 recrutements de cadres seraient attendus cette année, selon les perspectives de l’Association pour l’emploi des cadres (Apec). Le niveau pourrait même grimper à 236.000 en 2019… Mais certains profils surtout sont recherchés.

C’est un signe supplémentaire de l’embellie économique actuelle : le niveau des recrutements de cadres par les entreprises est en passe d’atteindre un record absolu. Mieux, si l’on en croit la dernière note de conjoncture de l’Association pour l’emploi des cadres (APEC), les recrutements de cadres ne vont cesser d’accélérer pour atteindre des sommets en 2019. Concrètement, le nombre des embauches devrait se situer à 215.000 en 2017, en hausse de 6% par rapport aux recrutements réalisés en 2016, puis à 225.000 l’année prochaine et encore à 236.000 environ en 2019. Ainsi d’ici deux ans, les embauches des cadres pourraient être supérieures de 50% à ce qu’elles étaient en 2013. Juste avant la crise de 2008, les bonnes années, les recrutements de cadres plafonnaient à environ 208.000.

Plus de cadres en raison de la tertiarisation de la société

Tout va donc pour le mieux dans le meilleur des mondes… Pas tout à fait cependant. D’abord, ces prévisions sont basées sur des taux de croissance du PIB relativement soutenus, avec 1,6% cette année – ce que l’Insee et la Banque de France pensent tout à fait réalisable – mais aussi en 2018 et une accélération à 1,8% en 2019. Par ailleurs, il convient aussi de comparer ce qui est comparable. L’offre d’emploi-cadre augmente, notamment en raison de la tertiarisation de la société. La population cadre représente maintenant environ 21% de la population active salariée contre 10% encore dans les années 1990. Autrement dit, la fonction « cadre » ne correspond plus forcément à une fonction « d’encadrement » d’une équipe, elle augmente « naturellement » en volume du fait de l’émergence de certaines fonctions qui n’existaient pas ou peu il y a vingt ans.

Ensuite, il y a de grandes différences parmi les profils de cadres recherchés. Parmi les entreprises qui souhaitent recruter un cadre au troisième trimestre 2017 – elles sont 58% dans ce cas, en hausse de six points sur un an – plus de 80% cherchent des cadres ayant entre un et dix ans d’ancienneté. Elles ne se sont plus que 44% à chercher des jeunes diplômés et 43% des « seniors » de plus de 20 ans d’expérience… Il est donc toujours difficile d’être un jeune diplômé tout juste sorti de l’école ou un cadre « senior » à la recherche d’un emploi… Même si la situation s’améliore un peu du fait des tensions qui se manifestent sur le marché du travail. De fait, 66% des entreprises déclarent avoir des difficultés pour recruter des cadres correspondants à leurs attentes, et l’APEC signale, qu’en moyenne, 36 candidats répondent maintenant à ses offres d’emploi contre 42, un an plus tôt.

Les métiers de l’informatique drainent un quart des offres d’emploi

Bien entendu également, tous les métiers ne profitent pas de façon comparable de cette reprise. Ainsi, avec un volume d’embauches estimé à 57.000, les métiers de l’informatique représentent à eux seuls près du quart des recrutements de cadres envisagés. Mieux, si on ajoute l’ingénierie et le conseil à l’informatique, à eux trois, ces métiers rassemblent 44% des offres d’emploi.

Cela dit, signe que la reprise est là, même dans des secteurs jusqu’ici en difficulté et qui ne prévoyaient donc pas de recrutements en masse, les choses semblent évoluer. Ainsi, dans l’industrie, 64% des entreprises envisagent de recruter un cadre au troisième trimestre, soit une hausse de… 9 points sur un an. Idem dans la construction – boostée par l’immense chantier du Grand Paris – où cette proportion est passée en un an de 47% à 58%. En revanche, dans la banque/assurance et le commerce et les transports, le nombre des recrutements n’enregistre aucune progression notable.

Jean-Christophe Chanut

@jcchanut

Fin de semestre : réunion N°91.

Notre fête de fin de semestre était organisée cet été au Centre 29, rue de Chenôve à Dijon. Elle a réuni une vingtaine de personnes, soit un petit peu moins de succès que l’an dernier : formule sans doute à revoir, et pourquoi pas sous une forme encore plus « économie Sociale et Solidaire »,  telle qu’un concert de la Fête de la Musique, ou à la Péniche Cancale ?

Comme on le dit à l’occasion, la quantité ne signifie pas toujours la qualité, loin de là ! Ce 22 Juin, l’ambiance était studieuse ! L’intervention de Claude Prost et de Philippe Lebel de RH Solutions a été concise, argumentée et étayée. Le témoignage de Franck Gillet, qui a eu recours aux prestations de portage était tout à fait éclairant de ce point de vue : trop qualifié pour les uns, pas assez parisien pour les autres, Franck a dû d’abord se résoudre à se faire connaître et tisser son réseau en « vendant » des prestations informatiques. Plutôt, comme il l’a dit lui-même : « RH Solutions assurait la gestion et la facturation, j’avais sous-traité le démarchage et la prospection, et je me cantonnais à mon coeur de métier, l’informatique ».

Avec une croissance de 30 à 35 % depuis quatre ans, la profession du portage salarial concernera prochainement 80.000 personnes. Elle est désormais régie par une convention collective qui entrera en vigueur le 1er juillet 2017. Bref, tous les indicateurs sont au vert, si l’on considère que la prestation d’une journée de cadre n’est plus obligatoire,  (les minima à la journée continuent à baisser). A cela s’ajoute le fait, selon Jean-Luc, que lorsque l’on crée sa propre structure, on souscrit d’entrée à toute une série de services, des droits, des équipements, des taxes. Dans le cadre du portage, au départ il n’est question que des charges directement corrélées au salaire, au Chiffre d’Affaires lié à la réalisation des prestations.

Nous avons eu plaisir à retrouver quelques visages « d’anciens », dont la plupart ont été des moteurs de BCN : Franck, qui nous suit avec son sérieux et son assiduité habituels, Bruno, qui nous annonce avoir signé la veille un CDI pour une entreprise prestigieuse d’Ambérieu dans l’Ain, Ligne Roset. Virginie, qui a transformé son CDD en CDI, en Isère chez son employeur de l’époque ; ( Virginie, désormais inscrite dans le carnet des mamans de BCN, aux côtés de Béatrice et d’Aurélie).  Amis contrôleurs de gestion, si vous constatez d’autres coupables erreurs dans nos statistiques, il existe une excellente formation GPMS* à l’AFPA… Ce clin d’oeil à Tracey, sergent recruteur à la recherche de jurés.

Autre intervention remarquée, celle de Joyce Naudin, coach de vie à la tête de sa structure « Un éveil de coaching » , qui a su capter et toucher ses auditeurs, au point de caler sans tarder une nouvelle rencontre dans la 2e semaine de Juillet. Attention ! La semaine sera chaude ! Le 11 Juillet se déroulera la Soirée des Lauréats, organisée par le Réseau Entreprendre Bourgogne. Restent donc le 12 et le 13 : nous serons en heure d’été, sortie de la MDA impérative à 20 heures. A vos tablettes !

Quelques mots sur l’activité de l’association en elle-même : les 6 et 7 Juillet, nous intervenons au Café-Zèbres en tant que co-organisateur, (33, rue de Montmuzard à la Maison de l’architecture et du Développement) puis le lendemain, comme partenaire du Gecko, au Selsapelpa 1, rue Marceau. Enfin, nous serons présents pour la 3e année consécutive au Grand Déj’ le 24 Septembre.

Nous sommes une nébuleuse de petites structures, chacune menant les actions qu’elle « aime » faire : pas de convention entre nous, pas de groupements associatifs. C’est le reproche que nous adresse Pôle-Emploi, et dont il faudra tenir compte à l’avenir. Mais que de progrès dans la prise de conscience en seulement 2 mois !

Nous entrons maintenant dans notre phase « administrative » : CD 21 et Dijon Métropole sont prêts à examiner nos demandes de subventions, que nous imaginons sous deux angles.

1°) continuer à s’équiper, de manière à doublonner et sécuriser nos matériels. Acquérir ainsi une situation de robustesse.

2°) Développer notre argumentaire en faveur d’un Service Civique début 2018, qui permettrait : i) d’assurer les formations sur les modules en ligne d’AEC.

                        ii) de préparer et accompagner l’upgrade du site WordPress. Le site se développe et de son contenu initial destiné aux comptes-rendus de réunion, il évolue vers un outil de réflexion à l’intention de nos adhérents.

                       iii) de concevoir et définir le cahier des charges de la Formation « Boîte à outils digitale », destinée à nos offreurs de projet en ligne.

Excellentes vacances à tous ! L’objet de vos recherches estivales n’est plus le Pokémon, beaucoup trop prévisible, mais l’Ikigaï, tapi dans vos profondeurs…

Signé : L’Ours

 

 

 

L’IKIGAI, un art de vivre.

La scène se passe dans un parc à Tokyo. Deux amis conversent sur le sens de leur vie et l’étonnante longévité des japonais. Un mot est alors échangé : Ikigaï, qui signifie littéralement « la joie d’être toujours occupé ». Pour les japonais, nous possédons tous un Ikigaï, une raison d’exister, qui nous pousse à nous lever chaque matin, et à être acteurs de notre vie.

De ce constat va naître une passionnante enquête sur ce « moteur existentiel » : comment les super-centenaires d’Okinawa (110 ans et plus) définissent-ils leur Ikigaï et en quoi les guide-t-il au quotidien ? Quelles habitudes adopter pour mieux vivre ?

Les auteurs  : Hector Garcia est un expert de la culture japonaise. Cela fait plus de 12 ans qu’il vit au Pays du Soleil Levant. Il est également l’auteur de l’ouvrage « Un geek au Japon ».

Francesc Mirales est écrivain et journaliste, spécialisé en psychologie et en spiritualité. Il écrit également des ouvrages de fiction : « Le plus bel endroit du monde est ici ». « L’amour en minuscules ».

Pour être franc, les records de longévité des Okinawiens n’étaient pas le coeur de notre sujet, mais plutôt la recherche d’une harmonie entre ce que nous aimons faire, ce que nous voulons faire, ce pourquoi nous sommes doués et ce que le monde attend de nous. Il est en effet plus satisfaisant et commode : 1°) d’aimer ce que l’on fait, 2°) d’être doué pour le faire, 3°) d’être payé et 4°) reconnu pour le faire. C’est même le profil idéal d’une personne en recherche d’emploi, et qui plus est, elle n’y restera pas longtemps.

Comment mener cette quête ? Par la logothérapie, on recherche le pourquoi de sa frustration existentielle, le ressenti de vide et de manque de sens. L’individu qui affronte ses problèmes et transforme ses objectifs en activités regarde en arrière avec sérénité, en raison des expériences de vie qu’il a connues, et n’a pas à envier la jeunesse de  ceux qui la possèdent encore.

A l’opposé de la frustration, il convient d’identifier les situations de plénitude : être à l’aise dans ce que l’on fait, totalement concentré et mobilisé, et sachant exactement quoi faire au moment présent. Pour définir cette sensation, le terme utilisé est « le flow », le flux qui symbolise l’ensemble des interactions qui mobilisent tout l’organisme.

« Le Flow est l’état des personnes absorbées par une activité qui seule semble importer, et qui ignorent totalement leur environnement en appréciant la tâche à accomplir, tout en éprouvant du plaisir en le faisant ». La plupart des athlètes, joueurs d’échecs ou ingénieurs se consacrent à des activités qui les font entrer en état de flow. Plus curieux encore : dans le monde entier, on décrit l’état de flow dans les mêmes termes.

Pour vous aider à naviguer sur ces eaux incertaines, quelques clés :

1°) une fois que vous aurez trouvé votre Ikigaï, vous vous battrez pour le conserver. « Le bonheur est toujours décidé par ton coeur ».

2°) recherchez des situations de robustesse : pas de risques inconsidérés, mais au contraire des risques répartis « pas tous ses oeufs dans le même panier ».

3°) ne prenez jamais votre retraite, restez toujours actif. Il est important de continuer à faire des choses de valeur, à avancer, à apporter de la beauté ou à se rendre  utile, en aidant forme à notre petit monde.

4°) Prenez les choses calmement. La hâte est inversement proportionnelle à la qualité de la vie. Quand nous laissons les urgences derrière nous, le temps et la vie acquièrent une nouvelle signification.

5°) Entourez-vous de bons amis. Ils sont le meilleur élixir pour chasser les préoccupations par une bonne discussion, raconter et écouter des anecdotes, échanger des conseils, partager, rêver. Vivre, en somme.

6°) Souriez. Une attitude affable procure des amis et détend la personne elle-même. Certes, il existe des choses qui vont mal, mais c’est un privilège de se trouver ici et maintenant dans un monde plein de possibilités.

7°) Reconnectez-vous avec la nature. Nous avons besoin d’y revenir régulièrement pour recharger les piles de notre âme.

8°) Remerciez. Pour tout ce qui illumine votre quotidien et vous rend heureux d’être en vie. En y consacrant chaque jour un moment, vous augmenterez votre capital bonheur.

9°) Vivez l’instant. Cessez de vous lamenter sur le passé et de redouter l’avenir. Tout ce que vous avez est aujourd’hui. Faites-en la meilleure utilisation possible pour que cela mérite de s’en souvenir.

10 °) Suivez votre Ikigaï. Il y a en vous une passion, un talent unique qui donne du sens à vos journées et vous pousse à donner le meilleur de vous-même jusqu’à la fin. Si vous ne l’avez pas encore trouvé, c’est votre prochaine mission.

Conclusion : comment concilier cette « introspection » avec le travail que nous menons actuellement (AEC) sur la finalisation du projet professionnel ? Une fois de plus, la dimension collective et collaborative est un levier majeur : l’estime de soi s’alimente du regard des autres, de leur bienveillance.  Les techniques de « l’autobiographie raisonnée » sont une manière de dégager une synthèse de la nature profonde de nos aspirations et de nos talents. Alors, on s’y met quand ?

L’Ours.

 

 

 

 

Notre relation au travail.

Tout le PAF (paysage audiovisuel français) bruit des adieux bouleversants de David Pujadas au J.T. de 20 heures de France 2. Et si tout cela n’était que la manifestation de notre nouvelle relation au travail ? La discussion est vive entre membres de BCN, aussi pour éclairer ce débat, le secrétariat a documenté la question :

Lettre ouverte à David Pujadas

Cette vibrante plaidoirie en faveur de l’adaptabilité, est bien dans l’air du temps ; pour ainsi dire c’est le « must think » d’aujourd’hui, comme il y avait autrefois des « must have » consuméristes…

En économie, le credo européen reste celui du chancelier Helmut Schmidt : « Les profits d’aujourd’hui font les investissements de demain, qui font les emplois d’après-demain ». Donc, l’adaptabilité, la flexi-sécurité, la réduction du welfare state vont bien dans le sens demandé : en nous formant en permanence, pour acquérir des connaissances nouvelles chaque jour, devenir chaque jour plus productifs, sommes-nous certains de contribuer pour demain au plein-emploi pour nos enfants ?

Il faudrait pour cela commencer par distinguer différentes catégories d’investissements selon l’objectif poursuivi par l’agent économique.
- L’investissement de capacité désigne l’achat de capitaux fixes en vue d’augmenter les capacités de production (ex : achat de machines supplémentaires, etc.). Cet investissement est créateur d’emplois.
- L’investissement de productivité consiste en l’achat de capitaux fixes en vue d’améliorer l’efficacité de la production sans pour autant augmenter les capacités de production (ex : remplacement des salariés par les machines). Cet investissement peut être destructeur d’emplois.
- L’investissement de remplacement désigne l’achat de capitaux fixes en vue de remplacer les capitaux fixes usés ou obsolètes. Cet investissement est sans effet sur l’emploi.

La plupart des investissements dans les nouvelles technologies, (qu’ils fassent appel ou non à l’IA – l’intelligence artificielle), répond à un nouvel impératif : ce sont des investissements de compétitivité – ou de conquête de parts de marché, si l’on préfère : si je ne crée cette application, mon concurrent le fera à ma place, et ses coûts de RH en seront réduits… Si je ne distribue pas mes colis ( ou mes pizzas) par des drones, ces milliers de porteurs ou de facteurs qui les portent aujourd’hui avec – ou sans – un sourire ou un mot aimable, vont plomber ma compétitivité.

L’évolution de l’espèce humaine, concept très darwinien, répond à l’impératif de sélection naturelle : les plus forts survivront. Si je suis le plus fort, le plus résistant, le plus flexible, que m’importent au fond tous les « laissés pour compte » de l’économie numérique ? Il manque donc deux valeurs à cette ambition : la dignité qu’apporte à chacun un travail authentique, et le souci de produite un développement durable, c’est-à-dire une planète saine et viable où il fera bon vivre aux générations futures.

Les secrétaires.

De John Wayne à Ulysse : réapprendre à décider.

Second volet de notre « série » sur le management après le « Guide de survie au bureau », voici le cran supérieur, prendre en mains son destin. Résumé (sommaire) de l’ouvrage d’Olivier Sibony, senior partner de McKinsey, où il codirige le pôle stratégie. Il a accompagné de nombreuses multinationales dans la définition et la mise en œuvre de leurs décisions stratégiques. Il enseigne la stratégie à HEC, et intervient régulièrement sur ces thèmes dans la presse économique française et internationale.

Comment nos entreprises peuvent-elles renouer avec la performance alors que la crise continue à déprimer l’économie et la société française ? En décidant  autrement.

Acquisitions calamiteuses, guerres de prix involontaires, stratégies qui tuent le malade qu’elles devraient sauver… Face à ces situations, le premier réflexe est toujours le même : trouver les coupables ! Pourtant, nos dirigeants ne sont évidemment pas incompétents. Mais ils sont comme nous tous, victimes de biais cognitifs, d’erreurs de jugement récurrentes et prévisibles.

Pour l’auteur, bien décider passe par la  force de l’équipe. Pour cela, les leaders doivent construire une solide architecture de décision, une méthode qui mobilise l’intelligence collective de leur équipe.

S’appuyant sur les travaux les plus récents en économie comportementale et sur son expérience des coulisses de la prise de décision, Olivier Sibony propose des solutions concrètes pour décider juste. Il ouvre une nouvelle voie pour bâtir des entreprises prospères, à rebours de l’individualisme trop souvent associé à la société d’aujourd’hui.

 

I. LE PLAN. (Squelette à enrichir ensuite de chair).

Introduction : « Pour grands que soient les rois, ils sont ce que nous sommes ;

                          Ils peuvent se tromper comme les autres hommes. »

Pierre Corneille, Le Cid

1°) Nos biais nous égarent, mais de manière prédictible ou prévisible, faisant de nous des êtres prévisiblement irrationnels. La première partie illustre 7 archétypes d’erreurs, chacun s’expliquant par une combinaison de biais.

2°) Nos biais sont incorrigibles, mais pas ingérables. Un biais est par définition un phénomène dont nous n’avons pas conscience. Nous ne pouvons donc pas décider nous-mêmes de le corriger. Mais, si nous sommes et resterons individuellement victimes de nos biais, nous pouvons voir et corriger ceux d’autrui, et réciproquement. Pour prendre de meilleures décisions, nous devons nous appuyer sur les autres, trouver des méthodes pour exploiter la force du collectif. La seconde partie de l’ouvrage démontre l’impact qu’une telle méthode peut avoir sur la qualité des décisions.

3°) Puisque bien décider exige de la méthode, les décisions les plus importantes, dites stratégiques, méritent d’être particulièrement soignées. L’art du leader consiste à bâtir la méthode, que l’on appelle architecture de la décision. Dans la troisième partie, nous abordons les piliers de cette architecture de la décision, ainsi que de nombreux outils pratiques, éléments ou briques utiles à la construction de ces piliers, pour apprendre ou réapprendre à décider.

Première partie : Sept pièges pour le décideur.

  1. Trop beau pour être vrai : Le piège du storytelling.
    1. Le biais de confirmation.
    2. Le fact checking n’est pas le story checking.
    3. Biais du champion, biais d’expérience. (auteur d’histoire, situations analogues)
  2. Steve Jobs, ce génie : Le piège des bonnes pratiques.
    1. L’erreur d’attribution.
    2. L’effet de halo.
    3. Les bonnes pratiques.
    4. Le biais du survivant.
  3. Croyez-en ma longue expérience : Le piège de l’intuition.
    1. L’intuition n’est que la reconnaissance d’une situation vécue et mémorisée.
    2. Nous pouvons nous y fier, mais seulement à certaines conditions : environnement régulier, feedback clair, apprentissage possible.
    3. L’exemple du recrutement : le DRH. Sur quoi fonder une intuition ?
    4. Distinguer la trame (stratégique) de la négociation, et le moment (intuitif) de conclure.
  4. Just do It : Le piège de l’excès de confiance.
    1. Blockbuster contre Netflix.
    2. Le biais rétrospectif : confirmation ex-post.
    3. Prévisions chiffrées et intervalles de confiance.
    4. Seuls au monde : comment nous sous-estimons nos concurrents.
    5. Le biais d’action : éviter la paralysie par l’analyse.
    6. Quand faut-il être optimiste ? Quand on agit sur des éléments maîtrisables.
  5. Je ne suis pas Robin des bois : Le piège de l’inertie des ressources.
    1. Polaroïd et la photo digitale : l’entreprise ne fait pas ce que décide le patron.
    2. Allocation des ressources et Budget Base Zéro. Agiles et inertes.
    3. Le biais d’ancrage.
    4. La dynamique de l’inertie : regards neufs et réallocations massives.
    5. Le biais du statu quo se cumule avec l’aversion à la perte.
  6. Soyez des entrepreneurs : Le piège de la perception des risques.
    1. Il existe plusieurs sortes de pertes, selon le point de vue.
    2. Chaque décision d’investissement doit se voir en portefeuille : swap-insurance.
  7. Le long terme, c’est dans longtemps : Le piège des horizons de temps.
    1. Le court-termisme des décideurs et des financiers.
    2. La myopie managériale.
    3. Nous sommes tous court-termistes.
  8. Les biais de groupe et d’intérêt : Déclencheurs de pièges.
    1. La pensée moutonnière.
    2. Le premier qui pose la question qui fâche. Piège du groupthink.
    3. Le biais d’intérêt. Un chirurgien qui opère, pas qui soigne.
    4. Un biais qui se combine avec le biais de confirmation, et s’adoube d’expertise.
    5. Une typologie de 4 à 99 biais : (selon l’auteur suisse Rolf Dobelli), sans compter les erreurs matérielles et les erreurs de raisonnement.
      1. les biais de confirmation, qui fondent l’hypothèse.
      2. Les biais d’action.
      3. Les biais d’inertie
      4. Les biais de groupe
      5. Les biais d’intérêt.

Comment s’en sortir ? Vouloir éliminer tous les biais qui obscurcissent ou dénaturent la décision serait une fausse bonne idée : autant conseiller à un zèbre d’abandonner ses rayures ! Les biais sont l’autre face de nos heuristiques, ces raccourcis intuitifs, qui sont un moyen puissant, rapide et efficace de prendre la plupart de nos décisions quotidiennes, en nous fondant sur notre expérience et notre instinct.

La force du collectif est l’antidote à notre impossibilité de nous « dé-biaiser » nous-mêmes : l’exemple du livre est celui de la résolution de la crise de Cuba. Du jeu d’options restreint proposé par les militaires, le collectif va proposer 4 scénarios gradués, dont celui qui sera finalement décisif, le blocus naval.

Deuxième partie : Décider comment décider.

  1. S’avouer vaincu pour mieux gagner la guerre : Pourquoi nous ne pouvons pas corriger nos propres biais.
  2. Quand l’échec n’est pas permis : Le collectif et la méthode.
  3. Une bonne décision est une décision bien prise : Paul le poulpe est-il un bon décideur ?

Définir l’architecture de la prochaine prise de décision, c’est un art. Si les critères parfaits étaient connus, leur pondération, les différents risques et autres variables intégrés, alors un robot comme AlphaGo ferait parfaitement l’affaire. mais il ne s’agit pas de jeu de Go !

En revanche, présenter la décision à prendre comme un chantier, avec un objectif, un calendrier, un méthode de collecte des éléments, définir le cadre des échanges contradictoires, tout en rappelant qu’in fine, celui qui décidera, c’est précisément Le Décideur, s’entourer sans se brider, de parapets, voilà qui constitue bien un art. Après la décision (l’arbitrage final), chacun reprend ses activités quotidiennes, que ses options aient retenues ou non. Cela doit se faire sans douleur.

Troisième partie : L’architecte de la décision.

  1. Dialogue : confronter les points de vue. Et pour cela, se souvenir que la confrontation n’est pas naturelle : au lieu de s’affronter sur des faits, ce sont des personnes en désaccord qui s’affrontent. Pour l’éviter, il faut une diversité des compétences et des origines, mais aussi des perspectives. Il faut ensuite se doter d’un environnement, d’un cérémonial, et enfin de Temps pour échanger, temps pour décider : la phase collecte des éléments ne préjuge en rien de la décision prise, qui n’appartiendra en fin de compte qu’à une seule personne.
  2. Décentrage : voir les faits sous un autre angle. Favoriser les poils à gratter, bousculer les perspectives ! La technique dite « Six amigos » consiste à constituer un comité directeur de personnes qui ne se connaissent pas, choisies presque au hasard parmi les différentes fonctions de l’entreprise et qui découvrent le projet en même temps que l’animateur. Ainsi, pas de décisions timorées, de « deals » entre participants, chacun joue sans autre enjeu que ses propres convictions, et ça marche !
  3. Dynamique : construire l’entreprise décisive. Pour être certain de prendre la bonne décision, il faut s’assurer d’avoir désamorcé les ambitions cachées, les conflits d’intérêts, soit en privilégiant les amis personnels, soit en créant au sein de l’entreprise un authentique espace d’expression des désaccords. Ainsi, on s’assure de lister l’ensemble des contre-arguments, des objections, et du même coup, de se faire une opinion sur leur réalisme.

Conclusion : Un monde de meilleures décisions ?

De John Wayne à Ulysse : Le vrai leader, le leader à l’ancienne, c’est John Wayne : il prend la mesure de la situation, il dit « voici ce qu’on va faire » et on le suit. Ce modèle ne tient plus ; aujourd’hui nous vivons dans un monde complexe, mobile, et qu’au lieu de donner l’heure une fois, il faudrait construire une horloge, ou encore une organisation qui restera capable de décider, même après la disparition de la vision de son créateur.

Le leader d’aujourd’hui, ce serait plutôt Ulysse : sachant qu’il va naviguer en eaux inconnues, il restreint sa propre liberté, se fait attacher au mât et bouche les oreilles de ses matelots avec de la cire, afin qu’ils ne soient pas séduits par le chant des sirènes. Confiance de l’équipage envers son leader, du leader envers son équipe, dont il accepte la contradiction. Ainsi, dans un contexte mouvant et tourmenté, l’équipage se donne les meilleures chances de regagner Ithaque.

L’Ours.

 

(Prochain volet : L’Ikigai. Notre raison d’exister, et d’être acteurs de notre propre vie).

 

 

Editorial de Juin.

Avec la Fête de la Musique, la plénière de juin est le signal du « mid-term poll » c’est-à-dire le moment de vérifier le bon déroulement des orientations présentées fin 2016 à l’Assemblée Générale :

Quelles étaient-elles ?

– I.  La professionnalisation : Convention Action Emploi Cesson, Emploi-store, Pôle Emploi.

a) nous avons signé avec AEC une convention d’essaimage, dans laquelle nous acquérons les droits aux supports et l’accès à la plateforme On Line. Actuellement de 8 personnes à 12 personnes suivent les ateliers de formateurs-relais jusqu’au 29 Juin. A la rentrée, nous serons en mesure de proposer les modules Web.

b) nous avons soumissionné à l’appel d’offres spécifique Pôle Emploi « Levée des freins psychologiques au retour à l’Emploi », en partenariat avec le GECKO, celui-ci sur les cadres nous sur les non-cadres. Olivier Champion participera aux coachings individuels avec les coaches EMCC volontaires, si nous sommes retenus.

c) nos tentatives pour s’approprier l’outil en ligne Emploi-store de Pôle Emploi se heurtent à la résistance de leurs propres soutiens, pour qui c’est un métier, même s’ils ne peuvent assurer que quelques sessions localement.

II. La présence tous azimuts.

Nous avons tenu un stand grâce à l’aide du département au Salon du Bien  Vieillir des 25 & 26 Mars, avec un retour intéressant, et beaucoup de belles rencontres. Le Conseil Départemental nous a sollicités à nouveau pour être intervenant invité en 2018. Surtout, grâce à Mme Anne Erschens, nous sommes en train d’introduire un dossier de subvention au CD 21.

Les autres manifestations au programme :

  • la rencontre de ce 7 Juin au GAIA Le Complexe de Chenôve, au titre d’acteur de l’ESS, avec tous les partenaires qui oeuvrent dans le secteur de l’économie sociale et solidaire. Buts déclarés :

    Rencontrer des acteurs de l’économie collaborative du territoire
    Partager la cartographie locale de l’économie collaborative
    Réfléchir collectivement aux enjeux et impacts RH.                                                       Se projeter / se décentrer en réfléchissant à ce que les acteurs peuvent apporter.

  • la journée de l’Emploi du 22 Juin de Chenôve.
  • le 5 à 7 « Ose t’adapter » du GECKO, enclenché par Céline Rabut, avec qui les relations de confiance et de partenariat ne cessent de se renforcer.
  • Nous attendons également une date pour le Café-Zèbres de SNC, auquel nous serons amenés  à présenter nos initiatives innovantes en faveur de l’emploi.
  • Enfin, à la rentrée, nous sommes inscrits pour la 3e année consécutive au Grand Déj, le lancement de l’opération a lieu le 15 Juin, à Dijon Métropole.

III. Les antennes

Bien que nécessaires pour une Association à vocation régionale, nos antennes sont plus difficiles que prévu à se mettre en place : certes, nous sommes fléchés à Chalon, invités aux manifestations, et potentiellement de la BGE (Bourgogne Entreprendre). Ce n’est pas suffisant, car il s’agit de la 2e concentration économique de la région.

De même, alors que nous espérions rencontrer les instances du Pays Beaunois, les choses tardent, en partie à cause des évolutions de la Loi Nôtré. L’association des Climats et la perspective de l’ouverture de la Maison du Vin à Beaune sont pour l’instant notre meilleure opportunité.

En revanche, l’éclaircie pourrait venir du 89 : Bruno Beauprêtre, bien implanté sur place,  négocie avec la MDE d’Auxerre une première intervention de BCN sur place pour les cadres du Sud 89.

IV. Equipe et adhérents : Nous sommes actuellement 16 adhérents, ce qui signifie que l’on ne recrute pas, que le bouche-à-oreille n’est pas suffisant : à ce rythme, nous finirons l’année à 20 – 22, ce qui ne permet pas d’engager des actions ni d’animer des commissions. pour mémoire, nous espérions atteindre le chiffre de 30.

Paradoxalement, notre « auberge espagnole » ne s’alimente pas de demandeurs d’emplois, ce qui est le principe du co-développement ! C’est pour s’aider mutuellement que nous avons fait évoluer le groupe de parole.

Illustration : 3 actifs, 1 retraité, 2 demandeurs dans le bureau.

IV. La communication : le site WordPress fonctionne bien, nous avons complètement abandonné l’adresse OVH et orienté le choix de nos amis d’AEC vers cette solution simple et souple.Un petit bémol : alors que chacun peut recevoir dans sa boîte mail l’ensemble des articles proposés par BCN, le nombre d’abonnés à ce service stagne. Réveillez-vous, c’est simple et sans engagement.

En revanche, la ville de Dijon, enthousiaste en Janvier 2017, tarde à rendre sa réponse pour un service civique « Infocom 2e ou 3e année » : nous avions proposé trois types de missions.

a) upgrade du site WordPress, fonctionnalités nouvelles,

b) maintenance du site AEC et de tous ses contenus en ligne,

c) conception de la Boîte à Outils Digitale, dont nous étions désignés comme maître d’oeuvre. (Typiquement une mission d’expert en co-développement, et une sacrée carte de visite pour son réalisateur !).

V. Conclusion : le constat nuancé que nous portons ici, ne doit pas nous empêcher de rester optimistes et patients.  Optimistes parce le contexte s’améliore pour les cadres, et que nous enregistrons des progrès dans notre notoriété. Notre première subvention en est le signal : en se dotant et en s’équipant, BCN s’installe dans le paysage. A nous tous de mettre « de la chair et de la vie sur cette ossature ». Un beau plan d’action pour le 2nd semestre ?

Signé : l’Ours.

 

Guide de survie au bureau.

Nous lançons une série de Fiches de Lecture sur le thème du management : vous pouvez tous contribuer ! Après le présent « guide de survie au bureau », nous vous proposerons très bientôt un thème : « Réapprendre à décider » !  A suivre…

De Pierre Blanc-Sahnoun, chroniqueur économique au Figaro Entreprises, auteur des chroniques de la vie en entreprise. C’est aussi un coach des plus reconnus, cofondateur d’une association, la Compagnie des coaches, à la fois école de formation au coaching, et cabinet de consultant. Le propos du livre est de réintroduire la dimension humaine dans la compréhension de l’économie : « nous sommes le sel de l’économie, mais où est notre liberté ? Quel est le sens de tout cela ? »

 Le livre comporte 11 commandements : à l’occasion, il tord le cou à certaines idées reçues, mais la constante reste le respect de l’individu, (notamment de soi-même) et la nécessité de conserver du recul.

1°) Ton prince loyalement tu serviras : les grands patrons actuels sont des carnassiers. Il faut se garder de l’illusion que l’entreprise a des sentiments, du respect pour l’individu. Ces choses-là n’existent qu’entre personnes, jamais entre une firme et une personne.

Le principal problème qui se pose au manager, est la gestion de son supérieur hiérarchique direct. Le patron idéal n’existe pas, mais invariablement, le modèle qui s’en rapproche le plus est le mentor, c’est-à-dire celui qui :

  • Place la barre très haut.
  • Sait encourager et regonfler, ne s’approprie pas les mérites de ses poulains.
  • Sait donner l’exemple.
  • Sait décrypter les vrais enjeux, sans user de la langue de bois.
  • Sait donner des ailes à ses collaborateurs, et les laisser s’envoler.

Les bons tuyaux : flatter opportunément son patron, et s’il est incompétent, ne jamais lui faire perdre la face en public. L’ambition sans talent est une stratégie à courte vue. C’est la peur qui fait agir la plupart des acteurs de l’entreprise : quand on l’a compris, la politique de l’entreprise devient plus lisible.

2°) Tes armées à la victoire tu conduiras : un patron est seul et accro à des drogues dures : la crainte et l’adoration.

L’esprit d’équipe : garant du succès, s’il est soutenu par du teambuilding en particulier dans les petites équipes.

L’homme sans échec est celui qui n’a pas pris assez de risques : il faut laisser ses collaborateurs aller dans le mur.

Le désordre en réunion : gage de créativité.

La bataille de l’image de l’entreprise se gagne au contact (en 1ere ligne).

Distinguer le chapeau du pouvoir de celui qui le porte.

Arrêter de travailler pour commencer à manager : apprendre à chacun à réfléchir, à trouver des solutions. Manager = fédérer des talents, dont chacun dépasse le sien.

Transformer des gens qui s’occupent en gens qui se préoccupent.

3°) Ta puissance mentale consolideras : S’intéresser sincèrement à ses collaborateurs, être franc dans la critique comme dans le compliment. Le charisme, c’est donner envie.

Apprendre à écouter les signaux faibles : sortir de soi pour se connecter à son environnement.

Assumer les outrages du temps comme des cicatrices reçues au combat.

Avoir de la chance : saisir les opportunités, même en situation de crise.

La bonne décision : un choix assez bon pour être ensuite conforté par le travail, le talent, la ténacité.

Les valeurs du 3e millénaire : honnêteté, bon sens, intégrité et stabilité dans les alliances : conditions essentielles pour durer.

La motivation est le désir d’être bon, et reconnu comme tel, y compris par la rémunération : contre la démotivation, chercher un nouveau souffle à travers de nouveaux projets.

Dépasser ses échecs : s’excuser après une dispute. Etre inébranlable dans un monde qui change, c’est être rigide, et non faire preuve de caractère.

4°) Négociateur habile te montreras : y compris pour son augmentation, préparer des faits et arguments. Et si on prévoit la rupture, avoir préparé sa valise.

Mode opératoire d’un véritable entretien de progrès…des faits, une confrontation, une mise en valeur des points positifs, une évaluation franche des insuffisances. Quand c’est le nôtre, être professionnel, le préparer pour en faire un entretien d’évolution.

Refuser une mutation : l’entreprise y voit : résistance au changement, manque d’adaptabilité, mauvaise gestion des priorités, refus d’un challenge motivant, sentimentalisme excessif.

Les prévisions trimestrielles : une recherche obsessionnelle de la maîtrise du risque.

Comprendre ce qui nous empêche de dire non.

5°) Une image sans faille présenteras : éviter de faire sans cesse référence au passé. Ne pas attendre d’offre d’alliance spontanée, qui serait de l’opportunisme.

Etre simple et direct, ne pas mépriser les petites gens, rester réservé et modeste… jusqu’au jour que l’on a choisi.

Aller aux stages outdoor organisés par le patron, et se lâcher juste assez pour montrer que l’on sait faire la fête. En toute circonstance, ne pas boire plus d’une coupe.

Analyser les rituels de couloir, s’adapter à la règle commune.

Partir au bon moment.

Qu’est ce qui a fait tomber Bill Clinton ?

6°) Efficacement communiqueras : la communication est-elle une suite de recettes de cuisine ou l’expression d’une vision venue de l’intérieur ? Rester discret. User judicieusement du bon coup de gueule. Le silence est une arme tactique très puissante : permet d’être au courant de tout, et de paraître machiavélique et intelligent, concentré et attentif

Quand on fait une présentation, elle est puisée dans le concret, la vie de l’entreprise.

Ecrire en 2 temps : poser les mots et les concepts, puis passer à la mise en forme.

Tutoyer son patron ne fait pas de lui un copain.

Maîtriser l’art de la machine à café.

7°) Ton temps organiseras : les gens qui arrivent toujours en retard, sont ceux qui essaient d’être trop bien organisés : ils tentent d’optimiser chaque minute !

Garder conscience du temps, bouger, poser son crayon.

Intégrer des temps réalistes de trajet.

Savoir rentrer de congé : pas de RDV, avoir lu tous les mails.

La notion d’urgence dans l’entreprise n’est pas réelle : elle est l’effet de la peur, et entraîne l’ouverture de tous les parapluies.

8°) Les nouvelles technologies utiliseras :   du moins tant qu’elles ne nous empêcheront pas de penser !

Face à un vrai informaticien, rester un utilisateur sympa, agréable à dépanner.

Imposer des limites claires entre relation et « bourrage intellec-virtuel ». Se réapproprier le téléphone. Rester libre par rapport à son mobile et sa messagerie.

9°) Ta transition professionnelle réussiras :   décoder les signes avant-coureurs, auto-évaluer sa rentabilité à court terme.

Ne pas attendre que le vent tourne pour préparer ses arrières.

Consacrer la bonne énergie à rechercher un emploi : recharger ses batteries, serrer des mains, passer 20 à 30 heures par semaine à chercher vraiment.

Soigner la rubrique « Divers » du CV.

Rester ouvert, mobile et opportuniste.

Le recrutement = une affaire de feeling.

L’entreprise ne nous aime pas : elle est sans cesse dans le donnant-donnant.

10°) Ta vie personnelle préserveras :  En déléguant, en gérant mieux les priorités, en posant les limites.

L’entreprise et les bébés : qu’elle les tolère à défaut de les aimer.

Le matriciel : créer son réseau, nouer des alliances, et se procurer l’information.

Le divorce : rester discret et digne sur le sujet. La compassion se paie au prix fort.

Choisir sa vie plutôt que ses études. Mieux se connaître, ne pas abandonner ses rêves.

11°) Un coach adouberas :   Le coach n’est pas un psy. Il travaille sur l’avenir, et non sur le passé, avec pour objectif d’améliorer votre performance.

Impossible d’être à la fois manager et coach : faire grandir son équipe, aider chacun à atteindre ses objectifs, c’est du management. Aller plus loin dans la psychologie, c’est de l’intrusion.

Conclusion : Pour en finir avec le principe de Peter. A chaque moment de notre vie professionnelle, nous possédons un seuil d’incompétence provisoire, que nous pouvons dépasser par la formation, le développement personnel, l’initiative et … le courage.

Ceux qui le percutent sont donc ceux qui n’ont jamais cherché à faire bouger ce seuil, parce qu’ils ont cessé de se remettre en cause, de chercher à évoluer, face à un environnement en mutation perpétuelle.

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Pour des acteurs transverses : ce livre n’est qu’une boussole, qui nous apprend à devenir responsables de nos vies. Nous devons être conscients de l’interaction de nos choix avec ceux qui nous entourent, inscrits dans une trajectoire professionnelle, qui n’envahisse pas tout l’espace disponible. Le travail est un moyen, non une fin.

 

Joli mois de Mai.

Bourgogne Collaborative Network sur tous les fronts : c’est ainsi que l’on pourrait résumer notre activité, à mi-chemin de ce joli mois de mai « où les feuilles volent au vent ».

Premier volet : celui de notre Plan d’action 2017 : la professionnalisation, issue de notre convention avec AEC du 30 Novembre 2016, dont les premiers retours sont très positifs après 2 sessions, et un calendrier désormais acté pour tout le trimestre :

  • 23 Mai – 17 H 30 : Module 2 le projet professionnel. Toutes les personnes intéressées peuvent nous demander les TP à étudier et préparer pour ce jour-là.
  • 01 Juin – 17 H 30 – 19 H 30 : Module 3 la communication dans la recherche d’emploi, le CV.
  • 06 juin – 17 H 30 – 19 H 30 : Module 4 répondre à une offre, CV et lettres.
  • 13 juin – 17 H 30 : Module Web 1. Le Web et la recherche d’emploi.
  • 20 Juin – 17 H 30 : Module Web 2. Le Web et la recherche d’emploi.
  • 29 Juin – 17 H 30 : Entretien d’embauche (TP sur la confiance en soi).

Seules les réunions de début Juin sont « bornées » faute de salle disponible.  Le principe validé est une Météo de la Semaine de 30 minutes pour débriefer les acquis et les points obscurs de la séquence précédente, puis 2 heures intensives sur thème du jour.

Deuxième volet : Sourcing Pôle Emploi. En accord avec Céline Rabut, Présidente du GECKO, nous avons répondu de manière parallèle à la consultation, qui prenait fin le 15 Mai. Il s’agissait avant tout de « prendre rang » et d’ancrer nos valeurs et principes d’action sur tout le territoire. Ce point sera évoqué à l’occasion du Café-Zèbres*, auquel nous participerons.

(* : Café-Zèbres : initiative SNC – Bleu-Blanc-Rouge pour recenser et fédérer les actions en faveur de l’emploi. BCN participe au comité d’organisation).

Troisième volet : communication. Le Dossier UNESCO qui avait contribué à nous faire connaître n’est pas mort. Bien au contraire, l’Association des Climats de Bourgogne démarre ses actions opérationnelles. Un entretien informel avec Bertrand Gauvrit, son directeur a ouvert de multiples pistes de coopération. Des contacts ultérieurs viendront, mais tous ceux que le sujet « culture et oenologie » intéresse sont invités à nous adresser leur CV ; le 80e anniversaire de l’ouverture de la Route des Vins offre une quantité d’animations de nature à mettre en avant nos qualités relationnelles, ainsi que la transversalité de nos actions.

Alors, oui. Joli mois de Mai, vraiment !

L’Ours